Bonjour,
J'ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse en anthropologie, intitulée "Sous le même toit". Affirmation culturelle et intégration citoyenne de la minorité tatare dans le Kazakhstan contemporain, dirigée par Jean-François Gossiaux.
Elle aura lieu le mercredi 2 décembre 2009 à 16h30 dans la salle 015 de l'EHESS, 54 bd Raspail, 75007 Paris.
Cordialement
Yves-Marie Davenel
Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales (LAIOS), EHESS
Jury:
Mme Laetitia Atlani-Duault, Maître de conférence, Université Paris 10 Nanterre
M. Alain Bertho, Professeur, Université Paris 8, rapporteur
Mme Chantal Bordes-Benayoun, Directrice de recherche, EHESS
M. Vincent Fourniau, Maître de conférence, EHESS
M. Jean-François Gossiaux, Directeur de recherche, EHESS, directeur
Mme Marlène Laruelle, Senior Fellow, Central Asia and Caucasus Institute, SAIS, Johns Hopkins Univerity, Washington DC
Résumé de la thèse
Fort de plus d’une centaine de nationalités, le Kazakhstan contemporain se présente comme un modèle de tolérance interethnique. Prônant le droit de chaque citoyen à faire revivre ses traditions culturelles nationales (ethniques), les autorités kazakhstanaises défendent l’idée d’une « ré-ethnification multiple » tout en accordant une place privilégiée à la nation titulaire et à la culture kazakhes. Parallèlement, le président de la république promeut l’idée d’une nation civique basée sur le patriotisme envers le nouvel Etat.
L’étude des Tatars du Kazakhstan permet de jeter un éclairage sur les modalités d’intégration d’une minorité nationale particulière dans le jeune Etat multiethnique post-soviétique.
L’implantation ancienne des Tatars (depuis le 18ème siècle) permet d’analyser les relations interethniques sur la « longue durée » et d’observer les stratégies d’intégration à l’œuvre aujourd’hui. Elle permet également de comprendre les évolutions internes de ce groupe, notamment la définition de la frontière et des marqueurs ethniques. Elle montre les divisions internes, notamment générationnelles, sur la perception de l’ethnicité ainsi que sur le devenir de la nation tatare au Kazakhstan.
L’enquête menée auprès des associations tatares impliquées dans le renouveau culturel met en lumière les stratégies d’accès à l’espace public. Celles-ci visent à la fois la reconnaissance de la légitimité de la minorité tatare à résider au Kazakhstan et la reconnaissance des militants comme acteurs du maintien de la concorde interethnique.
A travers l’exemple des Tatars, cette étude met en lumière les modalités de construction de la citoyenneté dans le cadre d’un Etat multiethnique post-soviétique.
Mots-clés : Kazakhstan, minorités nationales, Tatars, renaissance culturelle, construction identitaire, espace public, associations