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Traces francophones au Vietnam, par Dominique Rolland, ethnologue, maître de conférences, InalcoDate : 01/05/2012 Auteur : Dominique Rolland Aire géo. : Vietnam 
Aujourd’hui, la francophonie au Vietnam a perdu du terrain. Qu’on s’en attriste ou que l’on soit indifférent n’y change rien. Les productions culturelles anglo-saxonnes, chinoises ou coréennes ont envahi l’espace médiatique. Ce processus est inéluctable, malgré la vitalité des classes bilingues et l’engagement passionné de leurs professeurs pour la littérature française, prolongeant une longue tradition. Nous en avons parfois un écho, de plus en plus estompé au fur et à mesure que le temps passe, quand un vieil homme au corps las et à l’esprit vif, sur un banc au bord du lac Hoan Kiem, nous récite sans omettre un seul vers l’Océano Nox de Victor Hugo ou Le Lac de Lamartine. J’avais un grand père qui leur ressemblait. Il était métis et me récitait alternativement Kim vân Kiêu et la légende des siècles. Comme tous les enfants et adolescents, je m’en lassais parfois. « Encore Caïn qui s’enfuit de devant Jehova, encore l’histoire de Kim et kiêu », pensai-je souvent en haussant les épaules. Un peu ennuyeux, le grand père, un peu radoteur. La première fois que je suis venue au Vietnam, marchant en souriant, j’avais cru le voir apparaître, alors qu’il était mort depuis longtemps, venant à ma rencontre, silhouette fragile d’un de ces promeneurs du petit matin, quand il y a encore de la brume sur le lac. C’est lui qui m’a abordée, me demandant si j’étais française. Et lui aussi me parla de Voltaire, de Victor Hugo, de Montaigne, et lui aussi avait encore des centaines de vers en sa mémoire, qu’il me récitait avec les yeux brillants, ceux sans doute de sa jeunesse, quand il était professeur, comme il me le raconta. Je pensais aussi qu’il devait avoir des petits enfants, qui peut-être également trouvaient le grand-père un peu monotone, mais plus polis que les enfants français, je supposais qu’ils ne devaient rien laisser paraître. Philippines : Une transition démocratique qui n’en finit plus…, par Dominique Caouette, Directeur, Centre d’études de l’Asie de l’Est, Université de MontréalDate : 01/04/2012 Auteur : Dominique Caouette Aire géo. : Philippines Samedi 25 février 2012, le Président Benigno « Noynoy » Aquino, fils de l’ancienne présidente Corazon « Cory » Cojuangco Aquino et du sénateur Benigno « Ninoy » Aquino II, assassiné durant la dictature de Ferdinand Marcos ouvre les cérémonies commémorant la révolte populaire d’EDSA (acronyme du nom d’une important artère de la capitale où plus d’un million de Manillais s’étaient rassemblés en février 1986 pour forcer le départ du dictateur). Aïeul des manifestations de la place Tianmen de 1989 et plus récemment des vagues de mobilisations populaires associées au printemps arabe, le soulèvement d’ESDA reste encore dans l’imaginaire politique le symbole d’une citoyenneté militante et résolue, prête à défier les chars d’assaut et à offrir des fleurs au soldat. Et pourtant, après 26 années, les Philippines ont-elles vraiment changé ? L’Asie-Pacifique devient-elle chinoise ? par Fabrice Argounès, docteur en Science politique, centre Emile Durkheim (Sciences Po Bordeaux)Date : 01/02/2012 Auteur : Fabrice Argounès Aire géo. : Chine - Océanie L’Asie de l’est se confond-t-elle avec l’Asie Pacifique ? Derrière une question sur les limites d’un espace qui englobe une part de l’Asie orientale et du Pacifique occidental, il s’agit de prendre en compte deux termes qui ne sont nullement naturels et qui révèlent des rapports de puissance qui encadrent l’approche régionale. L’Asie de l’est – notion japonaise – se développe dans les années 1930 et 1940, puis réanimée à partir des années 1990, avec la multiplication des échanges dans la zone, la diffusion des capitaux japonais puis chinois et la construction d’un régionalisme asiatique, en partie porté par l’ASEAN. L’Asie-Pacifique – notion américaine – s’est imposée durant la guerre froide, à travers le système d’alliance américain dans la région et la multiplication des échanges économiques avec le Japon ou l’Australie. Elle apparait plus que jamais revendiquée par Barack Obama, né à Hawaii, jusqu’aux affirmations d’une destinée particulière dans la région, avec les relais insulaires, depuis Guam jusqu’aux alliés australiens, japonais ou taïwanais. Symbole des rapports de force entre les deux notions géographiques, une compétition a ré émergé à la fin des années 2000, entre deux projets : la Communauté de l’Asie Pacifique (Asia Pacific Community - APC), du premier ministre australien Kevin Rudd face à la Communauté de l’Asie de l’est (East-Asia Community – EAC) du premier ministre japonais Yukio Hatoyama. Le périurbain chinois à l’heure de la globalisation, par Thierry Sanjuan, Géographe à l'Université Paris 1Date : 01/01/2012 Auteur : Thierry Sanjuan Aire géo. : Chine Les villes chinoises ont connu de profonds bouleversements dans la période ouverte par les réformes à la fin des années 1970. La création de zones économiques spéciales dans le sud du pays en 1980 et celle de zones de développement économique et technique en périphérie des principales agglomérations des régions littorales en 1984 ont été parmi les premiers moments forts. Le véritable tournant a cependant eu lieu au début de la décennie suivante avec la création de la Nouvelle Zone de Pudong en 1990 et la relance des réformes par Deng Xiaoping en 1992. Les choix politiques tels que la contractualisation du travail, la création d’un marché immobilier et la réforme des entreprises d’État ont ensuite eu un impact décisif sur le tissu économique et social des villes, et ont croisé un recentrage du développement, hier basé dans les zones franches et les campagnes littorales, sur les villes elles-mêmes. Celles-ci, jusque-là « contournées » par les réformes chinoises, en sont devenues au contraire les acteurs, les leaders et les vitrines. Confucius était-il coréen ? Histoires de dissensions sino-coréennes, par Samuel Guex, Professeur Assistant à l'Université de GenèveDate : 30/11/2011 Auteur : Samuel Guex Aire géo. : Corée du Sud - Corée du Nord - Chine Les sentiments anti-japonais en Corée du Sud ont une longue histoire que beaucoup n’hésitent pas à faire remonter aux Wakô, les pirates japonais qui pillèrent notamment les côtes coréennes au XIVe siècle. Plus près de nous, c’est assurément l’expérience douloureuse de la colonisation (1905-1945), mais également, et peut-être surtout, la gestion japonaise de cet héritage délicat qui attisent le ressentiment d’un grand nombre de Coréens. Les doléances de ces derniers se sont cristallisées depuis les années 1980 autour de certaines questions, comme l’enseignement de l’histoire, l'attitude de certains responsables politiques japonais allant rendre hommage auprès du sanctuaire Yasukuni où sont honorés, entre autres, des criminels de guerre de catégorie A, le problème de l’indemnisation des femmes dites de « réconfort » ayant servi d’esclaves sexuelles aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le contentieux territorial au sujet de l’île de Tokto/Takeshima. Le saké, une exception japonaise, par Nicolas Baumert, Géographe, Maître de conférences, Université de NagoyaDate : 01/11/2011 Auteur : Nicolas Baumert Aire géo. : Japon Le saké tient au Japon un rôle culturel certainement aussi important que le vin dans la civilisation européenne. Pourtant, cette boisson issue de la fermentation du riz et titrant généralement entre 12 et 17 degrés est encore très mal connue en dehors de l’archipel nippon. Cette méconnaissance, qui participe aussi à l’exotisme associé aux boissons d’Extrême Orient, est en partie due au fait qu’il est souvent assimilé à un alcool fort. Afin d’éviter toute ambiguïté et de l’inclure dans une catégorie plus large, il est préférable de parler de « vin de riz » pour cette boisson fermentée que les Japonais appellent aussi nihonshu (lit.vin japonais).
Le saké fait en effet partie de ces boissons qui se retrouvent sous des formes diverses dans toute l’Asie de l’Est et l’exception qu’il constitue réside dans cette appropriation quasi exclusive par la civilisation japonaise. Tensions Intercoréennes : jusqu’au bout de l’idéologie, quoi qu’il advienne ? par Alain Nass, expert Corée et AsieDate : 01/10/2011 Auteur : Alain Nass Aire géo. : Corée du Nord - Corée du Sud
2010 a été la pire année de confrontation intercoréenne depuis des décennies. Son bilan humain est lourd avec, au Sud, une cinquantaine de victimes, militaires et civils, lors de deux incidents majeurs en mer de l’Ouest : un bateau de guerre coulé par une action attribuée à la Corée du nord, qui bombarde ensuite à l’artillerie l’île de Yeonpyong. Le bilan des ripostes militaires sud-coréennes n’est pas connu. Brunei 2011, entre habileté diplomatique et rente pétro-gazière, par Marie-Sybille de Vienne, professeur à l'InalcoDate : 01/09/2011 Auteur : Marie-Sybille de Vienne Aire géo. : Asie du Sud-Est Situé à 300 km au sud-ouest de la pointe nord de Bornéo, Brunei est de dimensions modestes : 400.000 habitants (un dixième de la population de Singapour) sur 5.765 km² (l’équivalent en superficie de la Corse, huit fois Singapour), encastrés dans le Sarawak dont la division de Limbang coupe son territoire en deux. La population compte quelque 35% d’immigrés, qui se décomposent comme suit : 9% de Malais de Malaysia, 8% de Chinois de diverses provenances, 1% d’« autres indigènes » malaysiens, 17% de philippins et d’indonésiens. La sériciculture en Asie : Hier, aujourd’hui et demain, par Bernard Mauchamp, Ingénieur agronome à l'INRADate : 01/08/2011 Auteur : Bernard Mauchamp Aire géo. : Chine - Inde - Japon - Asie
Le terme de sériciculture, stricto sensu, est à limiter aux techniques de production des cocons par une chenille, le ver à soie. Dans un sens plus large on inclut les étapes d’étouffage et de dévidage pour obtenir les flottes de soie grège, forme sous laquelle la soie grège est commercialisée. D’autres interventions sont nécessaires avant d’obtenir les étoffes de soie. C’est l’ennoblissement des soies.
Je me limiterais au sens restreint de la sériciculture. Le ver à soie se nourrissant de feuilles de mûrier, la culture du mûrier fait partie de la sériciculture. Élevages des vers à soie et culture du mûrier, une saga qui a façonné le monde. Le nouvel asiatisme coréen, par Arnaud Leveau, Doctorant Korean FoundationDate : 01/07/2011 Auteur : Arnaud Leveau Aire géo. : Corée du Sud - Asie du Sud-Est Pour la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), la Corée du Sud était en 2010 la quinzième économie mondiale et devrait atteindre le treizième rang en 2011. Bénéficiant d’un effet de rattrapage et grâce à son dynamisme, la diplomatie économique et culturelle sud-coréenne engrange depuis quelques années de nombreux succès. Certains se sont fait au détriment de la France, comme à Abou Dhabi en 2009 où un consortium dirigé par Kepco a emporté un contrat de plus de 20 milliards de USD pour la construction de quatre réacteurs nucléaires. La Corée du Sud revendique aujourd’hui le statut de puissance moyenne et affirme sa volonté de peser dans les affaires internationales. Au-delà du Tribunal des Khmers Rouges : Régimes de justice et de mémoire au Cambodge, par Anne Yvonne Guillou, chercheure au CNRSDate : 01/06/2011 Auteur : Anne Yvonne Guillou Aire géo. : Cambodge En 2007, cinq anciens dirigeants khmers rouges étaient arrêtés devant les caméras du monde entier, placés en détention provisoire par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (dit « Tribunal des Khmers Rouges »), et poursuivis (entre autres), pour crimes contre l’humanité, génocide et grave violation de la Convention de Genève de 1949. Les crimes jugés ont été perpétrés entre avril 1975 et janvier 1979, par un régime communiste radical d’inspiration maoïste, dirigé par Pol Pot, qui ordonna la déportation et le travail forcé de centaines de milliers de Cambodgiens vers les unités de production collectives censées démultiplier la production rizicole et assurer la prospérité du pays, après avoir fait table rase du passé en matière religieuse, scolaire et sanitaire. Plus de 1,7 million de personnes ont ainsi péri de mauvais traitements, d’exécutions, de faim et d’épuisement, y compris, d’ailleurs, les cadres khmers rouges eux-mêmes, petits et grands, broyés par la machine paranoïaque des purges. Cela représente environ un quart de la population cambodgienne de 1975. Rizicultures asiatiques, par Guy Trébuil, Géo-agronome, CiradDate : 01/05/2011 Auteur : Guy Trébuil Aire géo. : Asie Plante domestiquée sur le continent asiatique il y a environ 8 000 à 10 000 ans, le riz (espèce Oryza sativa) constitue toujours au début du XXIème siècle la première céréale de l’alimentation humaine et la principale source d’énergie et d’une part significative des protéines pour quelques trois milliards d’hommes. Si sa consommation atteint jusqu’à 200 kg de riz blanc par personne et par an dans certains pays en développement d’Asie, elle n’est plus que d’environ 50 kg/tête/an de grain, mais de haute qualité, dans les pays les plus riches comme le Japon. La production mondiale annuelle de riz dépasse 600 millions de tonnes de paddy (le grain entier, avant mouture) et demeure située à 90% en Asie où les grands pays producteurs sont toujours la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Bangladesh, le Vietnam et la Thaïlande. Le détroit de Malacca : une mer intérieure, par Nathalie Fau, géographe, Maître de conférences en géographie à l'Université de Paris 7Date : 01/02/2011 Auteur : Nathalie Fau
Le détroit de Malacca est un axe majeur de la circulation maritime mondiale et une artère vitale du commerce intra régional. Il est à l’articulation des lignes transocéaniques entre l’océan Indien et le Pacifique, des lignes intra-asiatiques et des routes maritimes circumterrestres est-ouest de marchandises. Analysé le plus souvent uniquement comme un resserrement du milieu maritime où les conditions de navigation deviennent délicates, le détroit de Malacca est cependant rarement appréhendé comme un territoire à part entière structuré aussi bien par des flux longitudinaux que méridiens. L’originalité du détroit de Malacca est précisément d'être à la fois une zone d'échanges et de transits majeurs du commerce international, à laquelle les pays riverains ont toujours été profondément intégrés, et une région à part entière, modelée, en dépit des frontières, par des relations commerciales et culturelles étroites entre les deux rives.
Mondialisation ou Asiatisation ?, par Nayan Chanda, directeur de publication de YaleGlobal OnlineDate : 01/01/2011 Auteur : Nayan Chanda
Au cours des trois dernières décennies, les partisans et les critiques de la mondialisation la considéraient comme un synonyme d’Américanisation. Caractéristique de cette mondialisation américaine, l’Amérique corporatiste marquait sa domination du monde par l’omniprésence des Arches Dorées de MacDonald’s et les panneaux rouge vermillon proclamant “ Things go better with Coke” (Les choses vont mieux avec un Coca-Cola). Les panneaux Coca-Cola, avec des slogans différents, et les arches sont toujours là, mais la mondialisation américaine est éventée.
Pèlerinages mongols au Wutaishan, par Isabelle Charleux, chercheur au CNRS (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités)Date : 01/12/2010 Auteur : Isabelle Charleux
Le Wutaishan, ou Monts des Cinq Terrasses dans la province chinoise du Shanxi, résidence du bodhisattva de la sagesse Manjushri pour les bouddhistes du Grand Véhicule, attire depuis le début de notre ère les pèlerins de tout le monde bouddhique. A partir du XIIIe siècle, la cohabitation des bouddhismes chinois et tibétain et leur situation géographique en marge du territoire chinois ont fait de ces monts sacrés un lieu de rencontre cosmopolite entre Han, Tibétains, Mongols et Mandchous. À l’époque républicaine, c’est certainement au Wutaishan que bouddhistes tibétains Gelugpas et bouddhistes chinois ont le plus dialogué et échangé. Le Wutaishan est aujourd’hui un des centres les plus actifs du bouddhisme en Chine ; sa centaine de monastères préservés ou reconstruits est sans cesse embellie de donations venant de tout le monde chinois, mais aussi de Corée, du Japon, du Népal, etc. Admis en 2009 dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le Wutaishan attire touristes et pèlerins, randonneurs et retraitants bouddhistes.
Quel avenir pour Taiwan ? Unification ou « normalisation silencieuse » ?, par Jean-Pierre Cabestan, Directeur de recherche au CNRSDate : 01/10/2010 Auteur : Jean-Pierre Cabestan
Depuis l’élection du président Ma Ying-jeou et le retour du Kuomintang (KMT) au pouvoir en 2008, Taiwan est entrée dans une période de détente sans précédent avec la République populaire de Chine (RPC). Les contacts « officieux » entre les autorités de Taipei et de Pékin se sont multipliés ; une douzaine d’accords commerciaux et techniques ont été signés ; en juin 2010, un ambitieux accord cadre de coopération économique (Economic Cooperation Framework Agreement ou EFCA) a été conclu, approfondissant un peu plus une dépendance économique déjà stimulée par des échanges commerciaux chaque année plus intenses (120 milliards de dollars) ; le tourisme chinois à Taiwan se développe à vive allure (plus d’un million depuis 2009) ; un rapprochement entre le Parti nationaliste et le Parti communiste chinois est en train de prendre forme, réconciliant les anciens frères ennemis, ou plutôt ennemis jurés de la guerre civile ; et promouvant de manière quasi-militante sa « sinitude » et ayant jeté aux orties sa « taiwanitude », le gouvernement du KMT ose de moins en moins prendre des décisions susceptibles de contrarier Pékin (comme de rencontrer le Dailai Lama ou d’inviter Rebiya Kadeer). Bref, Taiwan vit de plus en plus sous l’influence de la République populaire.
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