Ce projet se propose de mener une réflexion de vaste ampleur sur les causes de l’invisibilité des maladies professionnelles et leur reconnaissance comme maladies industrielles en France et au Japon, en prenant les cas de la silicose et les pathologies liées à l'amiante (asbestose, plaques pleurales, mésothéliome et autres cancers du poumon).
Le cas de l'amiante ne se limite pas seulement aux expositions sur le lieu de travail, mais concerne également des expositions hors travail, dites environnementales, on montrera un élargissement de ces maladies d’industrielles à publiques (environnementales).
Premièrement, il s'agira de mener une analyse historique sur la difficulté que rencontra la silicose pour être d'abord reconnue comme maladie professionnelle puis pour être appréhendée dans sa véritable ampleur.
Deuxièmement, il s'agira de comparer, au prisme de la sociologie, d'une part la situation spécifique en France et au Japon de l'amiante au sein des systèmes de reconnaissance en maladies professionnelles, et, d'autre part la viabilité financière et éthique possible des fonds d'indemnisation des victimes environnementales.
Parallèlement, le projet se propose d'établir une cartographie des principaux lieux d'usage et de production de la silice et de l'amiante, puis de superposer cette cartographie à une cartographie épidémiologique à partir des données existantes au niveau national.
Des entretiens individuels avec les victimes auront pour but de comprendre les différences, les interactions, voire les éventuels conflits d'intérêt entre victimes d'expositions professionnelles et victimes environnementales. Nos partenaires japonais apporteront en outre une réflexion sur les enjeux éthiques de cette histoire de l'amiante, notamment par rapport au principe de précaution pour d'autres risques industriels éventuels.
Si la silicose semble une question passée pour des pays comme la France et le Japon, elle est une question éminemment présente pour des pays comme la Chine et l'Inde. La cartographie que nous prévoyons sera un instrument de mise en visibilité relative et donc de dialogue pluridisciplinaire.