LE TURKESTAN RUSSE: UNE COLONIE COMME LES AUTRES ?
Table ronde organisée par le Réseau Asie – IMASIE et l’IFEAC
les 19-20 mai 2009,
à la FMSH, 54, bd Raspail, 75006, Paris,
salle 015 (sous-sol)
ENJEUX SCIENTIFIQUES DE LA TABLE RONDE
À l’occasion de la parution du numéro double 17/18 des Cahiers d’Asie centrale intitulé Le Turkestan: une colonie comme les autres ? (sous la direction de Svetlana Gorshenina et Sergej Abashin, Paris-Tachkent : IFEAC-Editions Complexe), le Réseau Asie-IMASIE (CNRS – FMSH, Paris) et l’IFEAC (Ministère des Affaires étrangères et européennes – CNRS, Tachkent) organisent une table ronde avec la participation des auteurs et d’autres spécialistes.
Alors que les puissances impérialistes se querellent pour le contrôle du monde, une rencontre coloniale décisive se produit au cours du XIXe siècle entre l’empire russe, le monde des steppes et les khanats centre-asiatiques. Tout en découvrant l’Asie centrale réelle, l’élite tsariste crée son propre Turkestan dont elle diffuse aux quatre coins du monde une image qu’elle a construite sur mesure. Des mouvements contradictoires animent l’empire quand le Tsar transforme l’espace eurasiatique qu’il a soumis en territoire cartographié, projetant depuis Saint-Pétersbourg des idées conçues souvent sous l’influence de savants européens. La population locale est vouée à vivre dans ce monde en transformation, soit par une contribution au processus, soit par la résistance. Toutefois, la rhétorique de légitimation de l’occupation russe façonne les représentations mentales que se font les sujets de l’empire, tant du côté des colons que du côté des colonisés. Le chantier colonial du Turkestan russe est tout au long de son histoire parsemé de projets gigantesques, dont la réalisation ne répond souvent pas à l’attente initiale.
L’analyse croisée de cette rencontre et de la création d’un empire colonial propre à la Russie constitue le coeur de l’ouvrage et de la thématique présentés à cette table ronde. Les nouvelles recherches portent essentiellement sur des documents d’archives inédits, sur une relecture des publications d’époque et sur une réinterprétation des données iconographiques. Elles devraient pouvoir notamment montrer comment il est possible aujourd’hui de réinterpréter l’histoire du Turkestan russe à partir des acquis des études postcoloniales et dévoiler les particularités de cet épisode de la colonisation dans le contexte plus général de l’impérialisme en Asie.