Résumé de l’atelier
Il s’agit de faire connaître des travaux originaux (voir les CV détaillés de tous les participants) sur les dynamiques régionales et les nouvelles relations interrégionales rendues possibles par la fin de la guerre froide et par l’organisation de chaque région, pour elle-même mais a travers une volonté de relations internationales avec d’autres régions. L’approche est réellement transdisciplinaire puisqu’elle rapproche a la fois des historiens et juristes (S. Lukpanova), des politistes (P. Chabal, V. Khamisov et F. Tolipov) et des culturalistes (K. Makasheva) et transculturelle puisqu’elle postule précisément que, pour comprendre les nouvelles relations internationales régionalisées, il faut systématiquement mêler les points de vue européens et asiatiques et fuir toute tentation ethnocentriste. Ce positionnement épistémologique fort découle en grande partie de certains travaux de plusieurs membres de cet atelier. Il apporte véritablement une possibilité de mieux comprendre les dynamiques eurasiatiques, qui marquent l’après-guerre froide d’une empreinte profonde, avec l’émergence d’un concept nouveau en géopolitique, celui de « oncurrences »interrégionales : apparition en l’espace de quelques mois en 1995-1996, 1) du Groupe de Shanghai (future Organisation de Coopération de Shanghai), 2) de l’ASEM (future dimension interrégionale dans le monde), de l’ASEAN élargie (future Communauté de l’Asie de l’Est), dans un contexte de lentes mises en place de l’APEC (tentative ayant généré les autres en réaction). La présente proposition d’Atelier constitué pour le 3ème Congres du Réseau ASIE (septembre 2007) s’appuie sur une solide coopération établie entre l’Université du Havre et plusieurs établissements d’Almaty (Kazakhstan) : l’Université Ablai Khan, puis l’Université National Kazakhe AL FARABI et enfin l’Institut National d’Etudes Stratégiques (KISI) placé auprès du Président de la République du Kazakhstan, ainsi que sur des collaborations à approfondir avec l’Université d’Economie et de Diplomatie (Tachkent, Ouzbékistan) et l’Institut des Relations Stratégiques Internationales (Bichkek, Kirghizstan). Il est volontairement choisi de limiter le nombre des participants a cinq et, comme les organisateurs du Congres le souhaitent, nous avons à cœur d’associer des participants de plusieurs pays d’Asie Centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan et Kirghizstan). La présence déjà commune des collègues ci-après détaillés au cours de plusieurs conférences à Almaty en 2004, 2005 et 2006 est une raison supplémentaire de les associer en septembre 2007 à Paris pour le 3ème Congres du Réseau Asie. P. CHABAL (Université du Havre) est, de plus, Chercheur Associe de l’IRIS-Paris (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) et ancien Boursier de Recherche (a titre civil) de l’OTAN). S. LUKPANOVA (KISI, Almaty) est, de plus, membre de l’Académie Nationale de Droit du Kazakhstan. K. MAKASHEVA (Université Al Farabi, Almaty) est professeure senior de la Faculté des Relations Internationales et spécialiste des comparaisons eurasiatiques. F. TOLIPOV (Université d’Economie Mondiale et de Diplomatie, Tashkent), est l’auteur de « La stratégie Ouzbèke dans la modification géopolitique et idéologique de l’Asie Centrale ». V. KHAMISOV (MISI, Bichkek) est un spécialiste reconnu de l’analyse problématique de l’intégration régionale.
MOTS CLÉS : régions - relations interrégionales – sécurité - après-guerre froide - Organisation de Coopération de Shanghai - Organisation de l’Accord de Sécurité Collective - Union Européenne – ASEM – ASEAN – APEC - Communauté des Etats Indépendants.
Coordination : Pierre CHABAL
IRIS
Université du Havre
Approches conceptuelles et interprétatives des relations interrégionales euro-centralasiatiques et centralasio-européennes depuis l’après-guerre froide
L’objet de la communication est de prolonger les bases conceptuelles de l’analyse comparée des dynamiques régionales telles qu’enseignée par l’auteur en France depuis plusieurs années et au Kazakhstan en 2006. En particulier, la précision du concept même de ‘région’ et de ‘construction’ régionale à travers les conditions particulières d’un après-guerre froide fait de rivalités sous-jacentes plutôt qu’ouvertes n’a pas été tenté par la rencontre entre les points de vue européens et central asiatiques. Seront ainsi abordées les nuances entre ‘motivations’ régionales et extrarégionales des constructions régionales et les étapes comparables entre les régions de ‘blocages’ et de ‘relances’. Il est en effet remarquable que les comparaisons existantes tentent de faire le lien entre les dynamiques existantes comme si elles se déroulaient dans les mêmes contextes sans prendre en compte l’idée selon laquelle les contextes et donc les critères d’évaluation et d’analyse doivent être précisés a priori et non pas par simple incidence.
Institut d’Etudes Stratégiques (KISI)
L’impact de la modification des systèmes politiques des pays post-soviétiques pour la stabilité régionale
L’objet de la communication est le lien que l’on doit rechercher entre les changements des systèmes politiques dans les pays post-soviétiques et la situation dans ces pays puisque, après l’ère soviétique, a commencé dans tous les pays la transformation des systèmes politiques, qui certes a amené aux bouleversement dans certains pays d’Asie centrale, notamment le Kirghizstan. Mais, au-delà des changements politiques et constitutionnels, ce qui est examiné, c’est l’impact de l’émergence d’Etats nouveaux et d’un besoin de stabilité pour les voisins sur la politique de ces voisins vis-à-vis de l’Asie centrale. Les concepts occidentaux de ‘stabilité’ et de politique ‘étrangère’ de systèmes démocratiques doivent être réévalués a l’aune du rôle réel ‘régional’ joué d’emblée par les pays d’Asie ‘centrale’ (dès 1992) alors même que leur transition devait prendre au moins une décennie, voire pour certains, notamment le Tadjikistan, connaître des affrontements internes facteurs de retard important dans cette évolution. Aujourd’hui, le thème entre évolution des régimes nationaux et des régions politiques se pose même en Europe.
Université Al Farabi
Analyse comparée des facteurs d'intégration régionale dans les cas européen et centralasiatique
L’objet de la communication est, à travers les facteurs culturels récents d’intégration, de montrer la particularité de l’intégration en Asie centrale par comparaison avec les nuances culturalo-historiques de l’Europe. Il semble évident mais difficile à opérationnaliser dans l’analyse contemporaine que, face a la tradition d’arrangements formels entre Européens, existe l’absence de tels arrangements en ‘Asie’. Culturellement parlant, cela veut dire qu’il existe un surplus de culture du formalisme en Europe et un déficit d’une telle culture en Asie. D’où l’idée simple mais peu répandue selon laquelle que la comparaison pertinente est celle entre l’intégration en Europe et la coopération en Asie et non pas, terme à terme, celle des progrès ou des résultats de l’intégration. L’apport de l’analyse est particulièrement pertinent dans la mesure où celle-ci aborde la notion de culture résolument au sens politique de celle-ci, non au sens économique ou libéral, encore moins artistique : la culture produit des valeurs et celles-ci, au plan politique, sont en train non de remplacer les valeurs de la dimension national(iste) mais d’ajouter par rapport à elles un niveau régional, ce qui en Asie Centrale (où les Etats-Nations sont en phase de consolidation) pose des questionnements analytiques d’une acuité particulière.
Institut des Relations Stratégiques Internationales (MISI, Bichkek)
Problèmes stratégiques d’intégration d’Asie Centrale
L’objet de la communication est de mettre en exergue la dimension purement stratégique de la question d’intégration, question paradoxalement souvent noyée parmi d’autres, notamment la litanie des ‘obstacles’ et autres ‘impossibilités’ de faire coopérer dans un projet intégrateur des partenaires trop ‘différents’. L’analyse comparée des régionalismes révèle au contraire que les régions ne se font jamais entre ‘voisins’ ‘naturellement’ enclins à mettre en commun leurs stratégies (de sécurité) mais bien plutôt entre ‘partenaires’ ayant connu au moins des tensions et souvent des guerres (surtout en Europe). Dans le cas de l’Asie Centrale, ces dernières sont moins caractéristiques que la domination russe puis soviétique par rapport à laquelle il faut bien inventer un nouveau mode d’interaction entre ‘nouveaux’ voisins étatiques. Les pays et les gouvernements d’Asie Centrale ont des intérêts stratégiques évidents à mettre en commun, dans des registres aussi divers que la gestion des ressources en eau et l’affirmation d’eux-mêmes aux côtés de la Chine, de la Russie et bientôt de l’Inde dans la dynamique de Shanghai. Une réflexion stratégique classique en quelque sorte mais autour d’un objet rénové ou ‘innové’ (Chabal, 2006).
Université d’Economie et de Diplomatie, Tachkent
L’intégration géopolitique de l’Asie Centrale
L’objet de la communication est de s’atteler à la tâche ardue de poser de nouveaux jalons d’analyse géopolitique à partir de l’espace même qui a suscité certaines des premières analyses de ce type : la Terre Centrale ou Heartland de MacKinder, etc. Les positions analytiques traditionnelles tendent en effet à être soit centripètes (les lignes de force se dirigeant de la Chine au 18e ou de la Russie au 19e vers l’Asie Centrale) ou centrifuges (les contributions de l’Asie Centrale vers le reste de l’Eurasie par extension de ses lignes de force). Alors même qu’aujourd’hui l’Asie Centrale fait sens, géopolitiquement parlant, surtout comme Terre de passage ou ‘Terre de passage-vital’ pour la (re)territorialisation des transports et des axes de communication. Il est trop tôt pour faire de ces lignes de passage une alternative à la dominance maritime des enjeux de communications entre l’Asie de l’Est (celle des miracles économiques), et l’Europe de l’Ouest (celle du projet intégrateur originel) mais ce potentiel comme alternative donne une idée de l’ampleur des phénomènes abordés par l’analyse intellectuelle, souvent en avance (par le jeu des hypothèses et des raisonnements) par rapport aux manifestations des évolutions possibles à travers des décisions concrètes de la part des gouvernements.
Institut International d’Etudes Stratégiques (ISRI, Bichkek)
Les problèmes des migrations « islamiques » depuis l’Asie Centrale vers l’Europe
L’objet de la communication est d’analyser l’accroissement, année après année, des migrations vers l’Europe depuis des pays en émergence tels que les pays d’Asie Centrale. Plusieurs raisons existent en effet à cette situation, qui font l’objet de l’analyse : des facteurs économiques, politiques, religieux, etc). Notre analyse, en particulier, porte sur les facteurs qui influencent l’augmentation des flux migratoires et cherche à mettre en avant les conséquences possibles à attendre du phénomène à la fois pour l’Asie Centrale et pour l’Europe. L’analyse est comparative et basée sur l’intégration des statistiques des migrations central-asiatiques. L’analyse aborde aussi des questions connexes : par exemple, pourquoi cette migration est-elle appelée migration « islamique » ? Quel rôle la religion joue-t-telle dans cette situation ? Quels risques et quels défis existent-il et pour qui ? Analyser la situation migratoire implique nécessairement d’en faire l’anticipation (prognosis) et d’user de diverses méthodes de prévisions scientifiques telles que l’analyse de contenu, l’analyse SWOP, la modélisation et bien d’autres.
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Suite aux trois récentes visites croisées (S. Lukpanova en 2005, P. Chabal et K. Baisakova en 2006) une coopération d’encadrement doctoral est en cours de mise en oeuvre. Au plan géostratégique, Union Européenne et Kazakhstan viennent de signer d’importants accords énergétiques (pétrole, uranium). P ; Chabal vient d’effectuer un séjour de deux semaines dans le cadre du programme du Ministère Kazakh de l’Education Nationale pour l’encadrement de thèses de Doctorat selon le nouveau système dit du 3-5-8.
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