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Archives de l'édito |
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| La globalisation est-elle ethnocidaire ?, par Olivier Ferrari et Jacques Ivanoff (IRASEC)Date : 01/09/10 Auteur : Olivier Ferrari et Jacques Ivanoff
Le mode de vie des Moken, mais aussi de leurs cousins Moklen et Urak Lawoi, a changé au cours du temps, mais ils ont aussi fait preuve d'une incroyable résilience culturelle. Il s’agit de trois groupes de nomades marins d’origine austronésienne qui s’épanouissent sur la côte occidentale de la Thaïlande et de la Birmanie, formant, en quelque sorte, la pointe septentrionale des migrations austronésiennes.
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| Le Kirghizstan entre la démocratisation et l’autoritarisme, par Asel Doolotkeldieva, Doctorante à Sciences-Po, CERIDate : 01/08/10 Auteur : Asel Doolotkeldieva
Après une longue crise politique, le pouvoir officiel est de nouveau renversé au Kirghizstan le 7 avril 2010. C’est un deuxième changement de pouvoir en vingt ans. Le premier baptisé de Révolution de Tulipes a mis fin au régime autoritaire d’Askar Akaïev le 23 mars 2005 et a mis en place le régime non moins autoritaire de Kurmanbek Bakiev. Ne se dirige-t-il pas, ce petit pays d’Asie Centrale (avec 5,5 millions d’habitants sur une superficie de 198 500 km2), vers un état d’instabilité permanente ? Certains chercheurs locaux tentent d'interpréter cette instabilité chronique par des schémas culturalistes : les kirghizes, étant historiquement des nomades, n’auraient pas su intégrer des structures « artificielles » après l’indépendance de 91, ce qui aurait pour conséquence le rejet permanent de l’État. Mais ce cadre explicatif ne nous permet pas d’éclaircir pourquoi, à chaque fois, ces coups d’État sont suivis par des tentatives de démocratisation qui sont des signes d’appartenance des kirghizes à l’idée d’un État juste. En outre, on soupçonne des acteurs extérieurs d’avoir orchestré le changement de pouvoir. Les États-Unis et la Russie auraient ainsi eu intérêt à renvoyer le despotique Bakiev et le remplacer par un candidat plus « docile ». Est-ce donc une implosion sociale intérieure ou un événement organisé à l’aide de grandes puissances ?
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| L’Australie et sa région, par Xavier Pons, professeur d'anglais à l'Université de ToulouseDate : 01/07/10 Auteur : Xavier Pons
Dans la nomenclature du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, l’Australie fait partie des « pays d’Europe occidentale et autres. » Cette classification quelque peu surréaliste souligne la contradiction entre l’héritage historique du pays, où prédominent les liens que cette ancienne colonie britannique entretient avec l’Europe, et son contexte géographique, qui est celui de la région Asie-Pacifique.
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| Le Turkménistan : un pays stratégique, aux réalités méconnues, François d’Anglin, IRISDate : 01/06/10 Auteur : François d’Anglin
Connaissez-vous le Turkménistan et ses dirigeants ? Si vous vous aventurez à poser cette question à votre entourage, le plus souvent vous serez confrontés à la moue de votre interlocuteur. Hésitation sur le lieu, l'héritage culturel ou encore la richesse d'un territoire pourtant aussi étendu que celui de notre voisin ibérique et 3ème réserve mondiale de gaz.
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| L’OSCE et la présidence kazakhe en 2010, par Wanda DRESSLER, chercheure CNRS au LadyssDate : 01/04/10 Auteur : Wanda Dressler
Ce pays, presque inconnu du grand public assure cette année la présidence de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Organisme reconnu au titre de l’accord régional de la Charte des Nations Unies, il propose aux pays du continent européen et à ceux issus de l’ex-URSS, depuis 1994, suite à l’Acte Final d’Helsinki, un espace de dialogue et de prise de décision dans la prévention des conflits, la gestion des crises et le relèvement post-conflit (dimension humaine, politico-militaire, économique et environnementale de la sécurité régionale). On peut s’étonner que cette responsabilité ait été donnée à cette jeune nation musulmane qui vient de gagner son indépendance (1991). Un bref retour historique nous fera comprendre son étonnante trajectoire.
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| Pourquoi les Japonais n’ont-ils pas colonisé plus tôt le Hokkaidô ? par Christophe Sabouret, traducteurDate : 01/03/10 Auteur : Christophe Sabouret Pourquoi les habitants de Honshû, l’île principale du Japon, ont colonisé le Hokkaidô (île septentrionale de l’archipel japonais) après le milieu du XIXe siècle ? C’est « parce que les Japonais n’avaient guère plus de penchant pour l’émigration vers Hokkaidô que vers le reste du monde », répond Augustin Berque (Vivre l’espace au Japon, 1982). Pourquoi les Japonais n’avaient-ils pas ce « penchant » ? | |
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| Huizhou, au pays des marchands lettrés, par Anne Garrigue, écrivain-journalisteDate : 01/02/10 Auteur : Anne Garrigue
L’ancienne province du Huizhou 徽州, enclave montagneuse du sud de l’Anhui, toute proche des Montagnes jaunes (Huangshan), est composée de six districts - Xiuning, Qimen, Shexian, Yixian, Jixi et Wuyuan – et d’une ville Tunxi. Elle est arrosée par la rivière Xin’an, une artère fluviale très tôt navigable qui permit aux habitants du Huizhou de s’enrichir dans le commerce et de développer une culture raffinée en pleine campagne. Bâtisseurs, mécènes, les marchands lettrés néo-confucéens du Huizhou - Huishang 徽商-, encouragèrent l’éducation et l’artisanat d’art. Aujourd’hui, sur un territoire resserré, aux allures d’estampe, des dizaines de villages, encore bien conservés malgré les destructions de la révolution culturelle et de la modernisation, témoignent de ce passé brillant.
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| Les enjeux de la construction du pont « Suramadu » pour la ville indonésienne de Surabaya, par Manuelle Franck, professeur à l'InalcoDate : 01/01/10 Auteur : Manuelle Franck
L’inauguration par le Président indonésien en juin 2009 du pont Suramadu, reliant la ville de Surabaya, capitale de la province de Java-est, ville portuaire, industrielle et 2è ville indonésienne de 2,5 millions d’habitants, à Madura, île pauvre et très peuplée, est un événement. La facture moderne de ce pont à hauban de 5,4 km de long, les aménagements routiers prévus pour y accéder, les possibilités de développement urbain auxquelles il ouvre la voie à Madura, sont autant d’atouts pour la ville de Surabaya dans la compétition nationale et internationale que se livrent les villes secondaires pour l’attraction des investissements.
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| La médecine chinoise, une médecine traditionnelle à l’épreuve de la modernité, par Éric MARIÉ (Faculté de médecine de Montpellier)Date : 01/12/09 Auteur : Eric MARIÉ
Le système médical qui s’est développé en Chine pendant une période de plus de deux mille ans présente un caractère d’exception historique et anthropologique. D’une part, sa construction s’est opérée, dans la longue durée, avec une remarquable continuité épistémologique. D’autre part, la Chine est le seul pays dans l’histoire des civilisations qui a conservé, ou plus précisément réimplanté, son système médical traditionnel, en tant que médecine d’État, dans les années 1950, avec un statut officiel comparable à celui de la biomédecine.
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| Mongolie : un paysage religieux en mouvement, par Marie-Dominique Even, chercheure CNRS (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités)Date : 01/11/09 Auteur : Marie-Dominique Even
Les Mongols, de tradition chamaniste, ont connu tôt, par le biais des contacts avec leurs voisins nomades et sédentaires, diverses religions : bouddhisme, Christianisme nestorien, Islam, Taoïsme, sans parler des influences du zoroastrisme et du manichéisme présentes dans d’anciens royaumes des steppes.
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| Japon : alternance au pouvoir, l'épreuve après la victoire, par Karyn Poupée, journaliste, correspondante permanente de l'Agence France-Presse (AFP) à TokyoDate : 01/10/09 Auteur : Karyn Poupée
Le 30 août, le Minshuto (Parti démocrate du Japon, PDJ, classé au centre) a remporté 308 sièges sur les 480 que compte la chambre basse du parlement nippon, s'imposant comme la première formation du pays, très loin devant le conservateur Jiyuminshuto (Jiminto, Parti libéral-démocrate, PLD) qui ne sauva que 119 fauteuils sur les 300 qu'il possédait auparavant. C'est une victoire historique, incontestablement, mais son assise durable reste à confirmer.
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| L'approvisionnement en eau des villes chinoises et le rôle des étrangers, par Delphine Spicq, Maître de conférences au Collège de France Date : 01/09/09 Auteur : Delphine Spicq L’environnement fait souvent l’actualité en Chine ces derniers temps, et particulièrement les problèmes liés au manque ou à la pollution de l’eau. L’eau est en effet un sujet de premier ordre dans l’empire du Milieu du fait des besoins croissants pour le développement économique mais aussi parce que la situation hydrographique du pays est paradoxale. Les données globales sont plutôt favorables, cependant les précipitations se répartissent de façon très inégale sur le territoire. Rapportées au nombre d’habitants, ces ressources sont faibles et placent la Chine à la limite du stress hydrique (1 700 m3/an/hab.) puisque certaines années elles descendent jusqu’à 1 800 m3/an/hab. | |
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| Une brève histoire sans fin : Australie, terre des anthropologues, par Laurent Dousset, maître de conférences à l'EHESSDate : 01/08/09 Auteur : Laurent Dousset
A divers égards, l’Australie fut le continent des imaginaires les plus extrêmes et des espoirs les plus profonds, et ceci avant même que le continent ne soit découvert par les navigateurs occidentaux. Logique implacable, ce continent de l’autre hémisphère, de masse identique à la bonne et vieille Europe, devait être caractéristique d’environnements, de climats, de civilisations et de richesses tout aussi similaires à ceux de l’Occident connu de l’époque. L’Australie, cette Australie-pas-encore-découverte, devint le rêve, que dis-je, le fantasme d’une Europe à la recherche d’elle-même.
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| L’image contrastée du Tahiti colonial : entre artistes anglophones et francophones, par Philippe Bachimon, professeur à l'Université de Polynésie françaiseDate : 01/07/09 Auteur : Philippe Bachimon
Durant l’ère coloniale, qui va du milieu du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, les écrivains, plus encore que les peintres, puis les photographes et les cinéastes, sont les vecteurs de la représentation de cet ailleurs que sont les « Îles », et la plus renommée d’entre elles, Tahiti. Lointaines, inaccessibles, elles font rêver une Europe qui s’éveille à la culture de masse, celle qui passe alors principalement par l'écrit, que ce soit le récit de voyage, le roman - ou un mélange des deux genres - souvent publiés en « feuilleton », avant que l'emporte la projection cinématographique, le « salon » de peinture restant réservé à l’élite sociale. Ainsi, l’imaginaire occidental de l’ailleurs s’ancre sur le vécu et les souvenirs de quelques voyageurs, qui le traduisent en images, en spectacles, en écrits. Nous tenterons de reconstituer cette image esthétisée de Tahiti par l’analyse des œuvres des artistes venus à Tahiti.
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| Regard sur la sociologie indienne, par Roland Lardinois, chercheur CNRS au CEIAS (CNRS/EHESS)Date : 01/06/09 Auteur : Roland Lardinois
La sociologie de l’Inde, dans la seconde moitié du XXe siècle, a été dominée par le paradigme de l’Homo hierarchicus selon le titre du livre de Louis Dumont qui a fait date dès sa publication en 1966. Cette approche de la société des castes entend combiner l’enquête de terrain avec la lecture des textes classiques de l’Inde ancienne. Car si l’Inde précoloniale ne possède pas de tradition d’étude de la société (à la différence de la Chine, par exemple), elle est dépositaire, dans ses textes rédigés en sanscrit ou en d’autres langues indiennes, de courants de pensée brahmaniques qui traitent, de manière plus théorique que pratique, des relations humaines constitutives du monde socioreligieux des castes (Lardinois 2007).
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| Quel avenir pour Sri Lanka ? par Eric Meyer, professeur à l’Inalco, ParisDate : 01/05/09 Auteur : Eric Meyer
Le système politique, la société et l’économie de Sri Lanka (anciennement Ceylan) ont été profondément ébranlés par plus d’un quart de siècle de conflit (1983-2009) entre le gouvernement contrôlé par la majorité cingalaise (75% de la population) et la guérilla séparatiste tamoule menée par l’organisation des Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE). Cette dernière, qui contrôlait entre 1990 et 2007 de vastes territoires au nord et à l’est de l’île, et avait constitué une force capable d’infliger de lourdes pertes à l’armée de Colombo, a perdu l’essentiel de ses territoires et de son potentiel militaire depuis 2008, et se trouve acculée à la défaite sur une bande côtière exiguë, où elle retenait encore, fin avril 2009, une cinquantaine de milliers de civils, pour lui servir de bouclier humain. Après deux jours de suspension des hostilités à l’occasion du nouvel an cingalais et tamoul (14 avril), les combats ont repris et ont permis à l’armée sri lankaise de s’avancer jusqu’à la mer, déclenchant un immense exode de civils qui à la date du 29 avril se poursuivait dans des conditions sanitaires désastreuses.
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| Le capitalisme asiatique dans la crise : zoom sur la Malaisie, par Elsa Lafaye de Micheaux, maître de conférence, Centre d'économie de la Sorbonne (UMR CNRS-Paris 1)Date : 01/04/09 Auteur : Elsa Lafaye de Micheaux
Petit pays prospère de 27 millions d’habitants et 650 000 km2, situé entre l’Inde et la Chine, la Malaisie fait partie de cette nouvelle génération de pays émergents, les « Tigres », qui, avec la Thaïlande, les Philippines, l’Indonésie, ont participé au « miracle asiatique » dans le sillage des quatre Dragons (la Corée, Taiwan, HongKong et Singapour). Au cœur du monde malais de longue tradition musulmane, elle est aussi, par sa population multiethnique et son pluralisme religieux, à l’image de ce carrefour d’Asie où se côtoient et se mélangent langues, civilisations et influences.
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| Ces Toungouses de qui nous vient le mot 'chamane', par Alexandra LAVRILLIER, docteur en anthropologie du Centre d’Etudes Mongole et Sibérienne (EPHE, Sorbonne) Date : 01/02/09 Auteur : Alexandra LAVRILLIER Le nom « Toungouse » résonne dans les œuvres consacrées au chamanisme, à l’animisme ou à l’organisation sociale de plusieurs anthropologues occidentaux (F. Boas, Lévi-Strauss, Hamayon, Descola, etc.). Il renvoie à un ensemble culturellement cohérent de peuples originellement chasseurs présents en Sibérie et en Mandchourie.
Le mot « chamane » est venu de leurs langues – saman – pour entrer en russe dès le XVIème siècle grâce au récit d’Avvakum, un prêtre orthodoxe. Dans les deux siècles qui ont suivi, un récit de deux voyageurs hollandais, publié en allemand, puis traduit en anglais et en français finit de rendre célèbre ce terme.
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