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[Créations artistiques ...] D 05 : Entre images et imaginaires : Réflexions autour des représentations de la musique en Asie du Sud


Auteur :Jeanne Miramon Bonhoure
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CRÉATIONS ARTISTIQUES ET IMAGINAIRES - D 05

ENTRE IMAGES ET IMAGINAIRES : RÉFLEXIONS AUTOUR DES RÉPRESENTATIONS DE LA MUSIQUE EN ASIE DU SUD


RÉSUMÉ DE L’ATELIER


La période coloniale, l’essor du mouvement nationaliste et l’avènement d’une Inde indépendante ont profondément modifié le contenu, le statut et le sens des pratiques musicales du sous-continent indien au cours du siècle dernier. Depuis peu l’objet d’une attention grandissante de la part des chercheurs, ces phénomènes offrent de nouvelles perspectives sur l’histoire moderne du sous-continent ainsi que sur la place des pratiques culturelles aujourd’hui.
Cet atelier propose une réflexion pluridisciplinaire autour de l’évolution et des transformations des images et représentations associées aux musiques et aux musiciens en Asie du Sud. À travers quatre études de cas, illustrant deux régions de l’Inde (le pays tamoul et la vallée du Gange) nous nous interrogerons sur la valeur symbolique et heuristique des images (peintures, photographies, films), des textes (hagiographies, poésies, articles de presse) et des discours (paroles des différents acteurs, rumeurs) qui mettent en scène la vie musicale aujourd’hui. Nous verrons comment différentes représentations, associées à certaines pratiques musicales, ont encore une portée symbolique forte. Elles permettent de comprendre un ensemble de conduites et de stratégies déployées par les musiciens pour répondre à des problématiques historiques et sociales qui transparaissent dans le quotidien. Nous montrerons par exemple comment un instrument de musique tend à nourrir, par inférences positives ou négatives, un imaginaire collectif qui semble déterminer le comportement et le jeu des musiciens ; ou encore comment un répertoire saisonnier, autrefois chanté par des courtisanes, continue à véhiculer l’idée de discrédit qui touchait à l’origine le milieu dans lequel il s’épanouissait.
En nous interrogeant sur la production, la circulation et la diffusion de ces représentations, nous tenterons de mettre en évidence leur implication dans l’expression d’enjeux sociaux fondamentaux en Asie du Sud  – enjeux révélateurs d’une histoire musicale mouvante, marquée par des mécanismes sociaux évoqués à demi-mots, en raison d’une culture où la hiérarchie et la bienséance restent prégnantes. Aussi, l’analyse de ces représentations et des discours qui les accompagnent nous permettra-t-elle de mieux comprendre comment, pourquoi et dans quelle mesure ces images et/ou ces imaginaires  inspirent, nourrissent et dynamisent aujourd'hui la création musicale.

Mots clés : Musique ; Inde ; symboles ; images ; représentations ; instruments ; littérature ; iconographie ; statut du musicien ; performance ; enjeux sociaux ; patronage.

COORDINATION :JEANNE MIRAMON BONHOURE ;
miramonbonhoure/at/yahoo/point/fr

Représentations visuelles et discursives sur les chants caitī et kajrī à Varanasi, de la fin du XIXe siècle à nos jours
•    Julien JUGAND ;
julien/point/jugand/at/gmail/point/com
Doctorant ; Paris Ouest Nanterre/EPHE ; (Ethnologie, Histoire)

Caitī et kajrī sont des chants saisonniers de la région de Varanasi. Chants domestiques, de festivals publics (prenant parfois la forme de compétitions musicales) et partie intégrante du répertoire des courtisanes de la région, ils sont aujourd’hui catégorisés comme musiques « folks » ou « semi-classiques ». Leur association aux courtisanes ainsi que leur large spectre thématique, décrivant aussi bien la nature, l’adoration des dieux que les enjeux sociaux et les tourments amoureux, leur ont conféré une place importante dans la vie culturelle de Varanasi aux 19ème et 20ème siècles. Ils ont aujourd’hui plus ou moins disparu du contexte domestique et ne sont que rarement chantés dans les concerts de musique classique.
A partir de sources historiques et d’observations de concerts, je proposerai une analyse anthropologique et historique des représentations visuelles et discursives sur les chants caitī et kajlī ainsi que sur les liens qu’elles entretiennent avec des enjeux sociaux de l’histoire moderne de l’Inde du Nord.

Le musicien hindustani et les deux voies de la musique : entre la figure de l’homme-saint et celle du musicien de cour
•    Ingrid LE GARGASSON ;
ingridlegargasson/at/hotmail/point/com
Doctorante ;
EHESS ;
Anthropologie

Les formes de patronage et les contextes de performance des musiciens professionnels hindustanis sont aujourd’hui très variés, en Inde comme à l’étranger. Dans ce contexte, les musiciens sont amenés à faire des choix stratégiques et à revendiquer une certaine identité musicale pour se positionner face à une concurrence importante. En s’intéressant à la manière dont les musiciens se présentent et se représentent, on note des références à deux figures du passé au fort pouvoir évocateur. À travers leurs conduites et leurs discours, les musiciens aiment en effet évoquer la figure du saint-homme ou celle du musicien de cour, personnages très présents dans l’histoire orale et écrite de la musique hindustanie. Ces deux profils sont cependant opposés et renvoient à des univers musicaux et sociaux différents ainsi qu’à deux conceptions de la musique : quels sont-ils ? Comment ces deux figures fonctionnent comme des modèles idéaux de conduite pour les musiciens ? Ces constructions symboliques qui s’appuient sur une iconographie variée renvoient par ailleurs à des questions socio-politiques plus générales : quels enjeux sont sous-jacents à la définition de ces deux références musicales en Inde du Nord ?

Images, mythes et symboles: les représentations de la flûte dans la création et les pratiques artistiques en Inde du Nord
•    Jeanne MIRAMON BONHOURE ;
miramonbonhoure/at/yahoo/point/fr
Doctorante ;
Musicologie ;
Paris IV Sorbonne

Souvent considéré comme « l’instrument le plus ancien de l’Inde», la flûte traversière en bambou (appelée bānsurī aujourd’hui en Inde du Nord) aurait occupé une place majeure dans les pratiques rituelles et artistiques indiennes dès le 10ème siècle avant l’ère chrétienne. Citée dans les grandes épopées du Mahabharata et du Ramayana c’est avant tout en lien avec le mouvement de la Bhakti et la dévotion krishnaïte que la flûte est évoquée aujourd’hui. Enchanteresse, séductrice, symbole du Dieu Krishna et rivale des jeunes bergères, la flûte est en effet un thème favori de la poésie krishnaïte, thème que l’on retrouve à travers l’iconographie qui lui est associée.
Qu’en est-il aujourd’hui de la force évocatrice et symbolique de cet instrument dans la création artistique ?
Nous verrons à travers quelques exemples tirés de la littérature contemporaine et du cinéma Bollywood quelle est la place conférée à la flûte et l’influence de sa portée symbolique sur la création musicale indienne actuelle et sur les pratiques des musiciens eux-mêmes.

Figurer un non-dit : hautbois et joueurs de hautbois dans l’iconographie et l’imagerie tamoules
•    William TALLOTTE ;
wtallotte/at/aol/point/com
Post doctorant ;
Ethnomusicologie ;
Musée du quai Branly

Le hautbois nāgasvaram est considéré en pays tamoul comme un instrument auspicieux (maṅgala vādya). Il est de fait présent lors de tous les évènements fastes qui rythment la vie des Tamouls : rituels et fêtes des temples brahmaniques, rites de passage (hormis les funérailles), ouvertures des festivals et des meetings politiques. Mais, paradoxalement, les joueurs de hautbois – outre quelques stars – sont le plus souvent (à demi-mot bien-sûr) déconsidérés, voire méprisés : en raison notamment de leur appartenance à des castes plutôt basses, non-végétariennes, et d’une profession qui, dans beaucoup d’esprits, revêt aujourd’hui un caractère désuet.
L’objet de cette communication est donc de voir comment le hautbois et/ou les hautboïstes sont effectivement représentés et de quelles façons le paradoxe susmentionné – volontiers nié dans les discours – transparaît dans différents cas de figuration : sculptures ou peintures de temple, dessins ou photographies d’ouvrages et d’articles de presse, faire-parts de mariage ou autre. Bref, selon quels procédés (conscients ou non) l’image se substitue-t-elle ici à la parole ?







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