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Birmanie/Myanmar : Bénie par les dieux, maudite pour les hommes, par Guy LUBEIGT, directeur de recherche au CNRSDate : 01/12/2007 Auteur : Guy Lubeigt L’Union de Birmanie, qui possède sur son territoire une centaine de minorités ethniques, est à la fois le seul pays indo-chinois de l’Indochine et aussi le plus vaste (578.000km²). Trait d’union géographique entre l’Orient et l’Extrême-Orient, connu des anciens comme la ‘Terre de l’Or’, il recèle de fabuleuses ressources naturelles (pierres précieuses, jade, teck, métaux non-ferreux), des hydrocarbures, un immense potentiel hydro-énergétique et des terres fertiles. En outre, avec 2800 km de côtes ouvertes sur l’océan indien et la route du pétrole, la Birmanie occupe une position stratégique exceptionnelle qui intéresse surtout la Chine. Nishida Kitarô : le philosophe, sa pensée, et ses enjeux par Michel Dalissier, docteur de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, lauréat du Prix Shibusawa-ClaudelDate : 01/11/2007 Auteur : Michel Dalissier Pointe extrême-orientale perchée aux bords des abysses du monde, siège depuis l’ère de Meiji (1868-1912) d’une synthèse érudite et originale des traditions philosophiques occidentales et orientales, le Japon pourrait bien représenter une sorte d’athanor où se forge une part des destins incertains d’une philosophie aux dimensions mondiales.
Nishida Kitarô (西田幾多郎1870-1945) le comprit très vite, au travers du geste singulier qui le porta de sa lecture des classiques chinois, puis des écrits bouddhiques, à celle de la philosophie occidentale, remontée, et remise en cause jusqu’à son fondement grec.
Entrée de la dernière demeure de Nishida Kitaro, Kamakura, Photo de l’auteur
La chose Séoul : D’une chose que l’on habite à un endroit où l’on habite, par Benjamin Joineau*, Membre associé de l’équipe Corée de l’UMR 8173, CNRSDate : 01/10/2007 Auteur : Benjamin Joinau Une récente campagne éducative dans le métro lancée par la municipalité de Séoul se perdait parmi les annonces pour les téléphones portables et les remèdes miracle contre la gueule de bois. Une affiche de plus, mais dont le contenu était réellement incongru. On y lisait : « Transformer votre ville d’une chose que l’on habite en un endroit où l’on habite ». Un appel, presque touchant de la part des institutions, pour faire passer les citoyens d’un user à un habiter. Qu’est-ce donc qui peut motiver les autorités de ce monstre urbain de 11 millions d’âmes qu’est Séoul pour lancer pareille campagne ?
L'empire des signes, une rue de Séoul, Photo de Benjamin Joinau Où vont les postcolonial studies?, par Jacques POUCHEPADASS, Directeur de Recherche au CNRSDate : 01/09/2007 Auteur : Jacques POUCHEPADASS, Centre d'étude de l'Inde et de l'Asie du Sud, EHESS, 54 boulevard Raspail - 75006 Paris Le postcolonialisme n'est pas un système, c'est une nébuleuse de pensée critique, d'autant plus difficile à cerner et à définir qu'elle ne cesse de s'auto-critiquer et de se reconstruire à mesure qu'elle avance. Son texte fondateur est le célèbre 'Orientalism' d'Edward Saïd (1978), qui innovait radicalement par rapport à la vieille tradition critique de l'anticolonialisme en faisant ressortir avec force (et non sans quelques simplismes que l'auteur a nuancés par la suite) que la violence du colonialisme n'était pas seulement la brutalité nue de la conquête et du pillage, de l'exploitation matérielle de l'homme par l'homme, de l'universalisme péremptoire de la 'mission civilisatrice', de l'oppression raciale, mais aussi une violence d'ordre épistémique, une sorte de vice de la raison, qui hiérarchisait les 'Autres' de l'Occident en les essentialisant.
Photo: Edward Wadie Said (1er novembre 1935, Jérusalem - 25 septembre 2003, New York) Conserver / Restaurer / Reconstruire / Restituer : Les archipels de la pensée mythique au Japon et en Europe, par Jean-Sébastien Cluzel, docteur et architecte DPLGDate : 01/08/2007 Auteur : Jean-Sébastien Cluzel Le Japon a mis au point une stratégie originale pour combattre l’érosion de ses monuments : la reconstruction périodique. Au sanctuaire d’Ise, tous les vingt ans, avant d’être rasés, les édifices anciens servent de modèle pour bâtir ceux du nouveau temple sur un terrain adjacent. Décrites depuis le VIe siècle, la continuité de cette pratique et l’utilisation d’un modèle font de ce sanctuaire le détenteur d’une authenticité, celle de la forme des édifices transmise par la répétition rituelle de l’acte de bâtir.
Le Hôryû-ji, monastère bouddhique situé dans la ville d’Ikaruga, au Sud de Nara, possède les constructions bouddhiques les plus anciennes du Japon. Photo de l'auteur L’Australie et l’Asie-Pacifique par Jean-Pascal Bassino*, Senior Lecturer, College of Business and Economics, Australian National UniversityDate : 01/05/2007 Auteur : Jean-Pascal Bassino Un ancien diplomate qui lit et parle couramment le chinois mandarin pourrait devenir, selon les sondages d’opinion, le prochain Premier ministre australien, à l’issue des élections au Parlement fédéral qui auront lieu en 2008. Kevin Rudd, le chef de l’opposition, a certes un profil assez atypique parmi les hommes politiques australiens, mais le tropisme asiatique du chef du Parti travailliste est révélateur de la transformation récente du pays.
Nara Park, Canberra (inauguré en 1999)
Photo avec l'aimable autorisation du gouvernement fédéral ACT Islam et mondialisation en Asie Centrale et dans le Caucase post soviétiques par Bayram BALCI*, Directeur de l'Institut Francais d'Etudes sur l'Asie Centrale (IFEAC) à TachkentDate : 01/04/2007 Auteur : Bayram BALCI La notion de mondialisation est sans de toute parmi celles qui ont le plus été étudiées depuis la fin de l’ère bipolaire. Le phénomène avait certes été initié dès avant la désintégration du bloc de l’Est mais il s’en trouva accéléré par ce bouleversement majeur. Depuis, les études et analyses sur toutes les formes de cette mondialisation ont connu un développement vertigineux et aucun de ses aspects ne semble échapper au chercheur, qu’il soit économique ou vestimentaire, politique ou culinaire, culturel ou religieux. Ce dernier aspect nous intéresse plus particulièrement et non pas en soi et pour soi, mais pour la lumière qu’il jette sur la délicate transition d’une région restée longtemps isolée et confrontée au reste du monde depuis une quinzaine d’années seulement. Les îles du Pacifique, au cœur ou en marge de la mondialisation ? par Christian Huetz de Lemps, Professeur des Universités, Univ. Paris IV SorbonneDate : 01/03/2007 Auteur : Christian Huetz de Lemps Lorsque l’on évoque les îles du Pacifique, ce n’est pas bien sûr pas aux grands archipels de la bordure asiatique (Japon, Philippines, Indonésie) que l’on pense, mais à l’ensemble des petites îles constituant ce que l’on appelle traditionnellement l’Océanie insulaire pour la distinguer aussi des « grandes terres » océaniennes, Australie et Nouvelle-Zélande. Ces îles présentent le paradoxe, on le sait, d’être à la fois les terres les plus isolées du monde dans les immensités océaniques et des terres toutes peuplées bien avant l’arrivée des Européens.
Île de Marono, entre Upolu et Savai’i (Samoa Occidental). Dans cet archipel polynésien, plus densément peuplé, l’espace est organisé par des communautés villageoises constituées de familles dirigées par des chefs (matai) qui se réunissent dans chaque village au sein d’un conseil (fono) où sont prises les décisions. Ici, la maison (fale) traditionnelle et un matai dont on distingue à peine le début des tatouages sur les cuisses. (Photo de l'auteur) Le face-à-face Chine-Japon : partenaires économiques, rivaux stratégiques par Claude Meyer*, Maître de conférences à Sciences Po, et chercheur associé à GEM - Sciences PoDate : 01/02/2007 Auteur : Claude MEYER Le réchauffement des relations politiques entre la Chine et le Japon est sensible depuis la visite du nouveau Premier ministre Shinzo Abe à Pékin le 8 octobre dernier. Pourtant cette embellie ne doit pas masquer la profonde dégradation des relations entre les deux pays depuis plusieurs années, malgré l’intensification de leurs échanges économiques. Les raisons structurelles de cet antagonisme demeurent en effet : le choc des mémoires et la résurgence des nationalismes l’expliquent en partie, mais sa cause profonde se situe sur un autre plan, celui de l’affrontement de deux ambitions. Si les rapports de ces partenaires économiques obligés restent empreints d’une telle méfiance, c’est qu’en réalité ils sont rivaux dans la conquête du leadership en Asie.
Photos aimablement données par le quotidien Yomiuri: Abe Shinzo et Hu Jintao à l'occasion du douzième sommet asiatique. Eau, écosystèmes et développement durable en zones aride et semi aride par Marie-Françoise COUREL, Directrice du Département des Sciences de l’Homme et de la Société, CNRSDate : 01/10/2006 Auteur : Marie-Françoise COUREL est aussi Présidente de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes Sahara, Kalahari, Namib, Sinaï, Kara koum , Rub al Khali, Lut, Thar, Taklamakan, Gobi, Chihuahua, Great Basin, Mojave, Colorado, Atacama, Great Sandy, Simpson…
Diffusées par les médias, de splendides images de paysages d’un «univers minéral » …. frappent notre imagination. Des images fortes d’horizons infinis, silences effrayants, vents de sable, vallées mortes…
Irrigation par aspersion. Production de blé dur dans le désert d'Arabie Saoudite (exploitation d'un aquifère profond)(Photo de l'auteur) Découvertes archéologiques et route de la soie par Henri-Paul Francfort, *Directeur de recherche au CNRS, Laboratoire Archéologies et sciences de l'antiquité, NanterreDate : 01/09/2006 Auteur : Henri-Paul Francfort, Laboratoire Archéologies et sciences de l'antiquité, UMR 7041 ArScAn, Nanterre Désert et anciennes oasis du Xinjiang
Le Xinjiang (Région Autonome Ouigoure) enserre, entre les monts Tianshan au Nord et la chaîne des Kunlun au Sud, un vaste désert froid, le Taklamakan (environ 1000 km E-O et 500 N-S). Il est de nos jours bordé d’oasis agricoles placées sur des cours d’eau dévalant de ces montagnes, parmi lesquels certains furent autrefois plus grands et plus puissants que de nos jours. Plus au Nord, le Xinjiang englobe une partie de l’Altaï, colossal massif montagneux qui fut longtemps le domaine de nomades pasteurs.
Site de Djoumboulak-Koum: Momie de jeune homme portant des vêtements d'hiver, pelisse et moufles, noter la couleur des revers des manches et le rouge du cache-visage tissé (Photo de l'auteur). Quelques mots sur l’Asie centrale par Vincent Fourniau,* Maître de conférences à l'EHESSDate : 01/08/2006 Auteur : Vincent Fourniau Les pays d’Asie centrale sont accueillants au curieux, à l’observateur et au voyageur, quel que soit le mode de locomotion adopté par ces derniers.
Pourtant, adossés pour certains d’entre eux comme le Kirghizstan et une partie du Kazakhstan à la Chine, où l’on sait que le vélo fut roi, le vélo a curieusement très peu de place dans les sociétés d’Asie centrale ex-soviétique. En ville, il est plus que marginal et pour prévenir tout risque d’attentats à partir des motos, ces dernières ont été interdites à Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan... Le succès des produits de l’Asie en Europe du XVI° siècle au XVIII° siècle Philippe Haudrère, Professeur, Univ. d'Angers, membre de l'Académie de MarineDate : 01/06/2006 Auteur : Philippe Haudrere Les Européens connaissent les produits de l’Asie depuis longtemps, bien avant le XVI° siècle. Les riches Romains apprécient les épices, en particulier le poivre, et les soieries. A l’époque médiévale, la « route de la soie » est active, bien que la technique de l’élevage du vers à soie se diffuse en Occident grâce aux Byzantins qui la mettent en œuvre dans les pays de la Méditerranée orientale, avant qu’elle ne gagne d’abord l’Italie, ensuite la France et l’Espagne ; mais cette production ne satisfait pas complètement la demande locale à la fois en quantité et en qualité, et puis les épices sont toujours recherchées, ainsi que les « curiosités », comme la porcelaine de Chine. Ce trafic fait la richesse de Venise. Le Cambodge à la croisée des chemins par Grégoire Rochigneux*, Directeur Adjoint de l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC), basé à BangkokDate : 01/05/2006 Auteur : Grégoire Rochigneux Au Cambodge, les récents amendements constitutionnels, qui abaissent la majorité requise pour le vote de confiance de l’Assemblée nationale au gouvernement, concentrent les pouvoirs entre les mains du Premier ministre comme jamais depuis la formation du gouvernement royal du Cambodge, il y a treize ans. Hun Sen, en poste depuis 1985, sous la république populaire du Kampuchéa, a été contraint de composer avec les royalistes (Funcinpec) au lendemain des élections législatives de 1993, partageant avec eux le pouvoir dans les trois gouvernements qui se sont succédé.
Manifestation de paysans spoliés devant l'Assemblée Nationale
(Photo gracieusement prêtée par Cambodge soir)
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