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Le détroit de Malacca : une mer intérieure, par Nathalie Fau, géographe, Maître de conférences en géographie à l'Université de Paris 7Date : 01/02/2011 Auteur : Nathalie Fau
Le détroit de Malacca est un axe majeur de la circulation maritime mondiale et une artère vitale du commerce intra régional. Il est à l’articulation des lignes transocéaniques entre l’océan Indien et le Pacifique, des lignes intra-asiatiques et des routes maritimes circumterrestres est-ouest de marchandises. Analysé le plus souvent uniquement comme un resserrement du milieu maritime où les conditions de navigation deviennent délicates, le détroit de Malacca est cependant rarement appréhendé comme un territoire à part entière structuré aussi bien par des flux longitudinaux que méridiens. L’originalité du détroit de Malacca est précisément d'être à la fois une zone d'échanges et de transits majeurs du commerce international, à laquelle les pays riverains ont toujours été profondément intégrés, et une région à part entière, modelée, en dépit des frontières, par des relations commerciales et culturelles étroites entre les deux rives.
Mondialisation ou Asiatisation ?, par Nayan Chanda, directeur de publication de YaleGlobal OnlineDate : 01/01/2011 Auteur : Nayan Chanda
Au cours des trois dernières décennies, les partisans et les critiques de la mondialisation la considéraient comme un synonyme d’Américanisation. Caractéristique de cette mondialisation américaine, l’Amérique corporatiste marquait sa domination du monde par l’omniprésence des Arches Dorées de MacDonald’s et les panneaux rouge vermillon proclamant “ Things go better with Coke” (Les choses vont mieux avec un Coca-Cola). Les panneaux Coca-Cola, avec des slogans différents, et les arches sont toujours là, mais la mondialisation américaine est éventée.
Pèlerinages mongols au Wutaishan, par Isabelle Charleux, chercheur au CNRS (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités)Date : 01/12/2010 Auteur : Isabelle Charleux
Le Wutaishan, ou Monts des Cinq Terrasses dans la province chinoise du Shanxi, résidence du bodhisattva de la sagesse Manjushri pour les bouddhistes du Grand Véhicule, attire depuis le début de notre ère les pèlerins de tout le monde bouddhique. A partir du XIIIe siècle, la cohabitation des bouddhismes chinois et tibétain et leur situation géographique en marge du territoire chinois ont fait de ces monts sacrés un lieu de rencontre cosmopolite entre Han, Tibétains, Mongols et Mandchous. À l’époque républicaine, c’est certainement au Wutaishan que bouddhistes tibétains Gelugpas et bouddhistes chinois ont le plus dialogué et échangé. Le Wutaishan est aujourd’hui un des centres les plus actifs du bouddhisme en Chine ; sa centaine de monastères préservés ou reconstruits est sans cesse embellie de donations venant de tout le monde chinois, mais aussi de Corée, du Japon, du Népal, etc. Admis en 2009 dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le Wutaishan attire touristes et pèlerins, randonneurs et retraitants bouddhistes.
Quel avenir pour Taiwan ? Unification ou « normalisation silencieuse » ?, par Jean-Pierre Cabestan, Directeur de recherche au CNRSDate : 01/10/2010 Auteur : Jean-Pierre Cabestan
Depuis l’élection du président Ma Ying-jeou et le retour du Kuomintang (KMT) au pouvoir en 2008, Taiwan est entrée dans une période de détente sans précédent avec la République populaire de Chine (RPC). Les contacts « officieux » entre les autorités de Taipei et de Pékin se sont multipliés ; une douzaine d’accords commerciaux et techniques ont été signés ; en juin 2010, un ambitieux accord cadre de coopération économique (Economic Cooperation Framework Agreement ou EFCA) a été conclu, approfondissant un peu plus une dépendance économique déjà stimulée par des échanges commerciaux chaque année plus intenses (120 milliards de dollars) ; le tourisme chinois à Taiwan se développe à vive allure (plus d’un million depuis 2009) ; un rapprochement entre le Parti nationaliste et le Parti communiste chinois est en train de prendre forme, réconciliant les anciens frères ennemis, ou plutôt ennemis jurés de la guerre civile ; et promouvant de manière quasi-militante sa « sinitude » et ayant jeté aux orties sa « taiwanitude », le gouvernement du KMT ose de moins en moins prendre des décisions susceptibles de contrarier Pékin (comme de rencontrer le Dailai Lama ou d’inviter Rebiya Kadeer). Bref, Taiwan vit de plus en plus sous l’influence de la République populaire.
La globalisation est-elle ethnocidaire ?, par Olivier Ferrari et Jacques Ivanoff (IRASEC)Date : 01/09/2010 Auteur : Olivier Ferrari et Jacques Ivanoff
Le mode de vie des Moken, mais aussi de leurs cousins Moklen et Urak Lawoi, a changé au cours du temps, mais ils ont aussi fait preuve d'une incroyable résilience culturelle. Il s’agit de trois groupes de nomades marins d’origine austronésienne qui s’épanouissent sur la côte occidentale de la Thaïlande et de la Birmanie, formant, en quelque sorte, la pointe septentrionale des migrations austronésiennes.
Le Kirghizstan entre la démocratisation et l’autoritarisme, par Asel Doolotkeldieva, Doctorante à Sciences-Po, CERIDate : 01/08/2010 Auteur : Asel Doolotkeldieva
Après une longue crise politique, le pouvoir officiel est de nouveau renversé au Kirghizstan le 7 avril 2010. C’est un deuxième changement de pouvoir en vingt ans. Le premier baptisé de Révolution de Tulipes a mis fin au régime autoritaire d’Askar Akaïev le 23 mars 2005 et a mis en place le régime non moins autoritaire de Kurmanbek Bakiev. Ne se dirige-t-il pas, ce petit pays d’Asie Centrale (avec 5,5 millions d’habitants sur une superficie de 198 500 km2), vers un état d’instabilité permanente ? Certains chercheurs locaux tentent d'interpréter cette instabilité chronique par des schémas culturalistes : les kirghizes, étant historiquement des nomades, n’auraient pas su intégrer des structures « artificielles » après l’indépendance de 91, ce qui aurait pour conséquence le rejet permanent de l’État. Mais ce cadre explicatif ne nous permet pas d’éclaircir pourquoi, à chaque fois, ces coups d’État sont suivis par des tentatives de démocratisation qui sont des signes d’appartenance des kirghizes à l’idée d’un État juste. En outre, on soupçonne des acteurs extérieurs d’avoir orchestré le changement de pouvoir. Les États-Unis et la Russie auraient ainsi eu intérêt à renvoyer le despotique Bakiev et le remplacer par un candidat plus « docile ». Est-ce donc une implosion sociale intérieure ou un événement organisé à l’aide de grandes puissances ?
L’Australie et sa région, par Xavier Pons, professeur d'anglais à l'Université de ToulouseDate : 01/07/2010 Auteur : Xavier Pons
Dans la nomenclature du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, l’Australie fait partie des « pays d’Europe occidentale et autres. » Cette classification quelque peu surréaliste souligne la contradiction entre l’héritage historique du pays, où prédominent les liens que cette ancienne colonie britannique entretient avec l’Europe, et son contexte géographique, qui est celui de la région Asie-Pacifique.
Le Turkménistan : un pays stratégique, aux réalités méconnues, François d’Anglin, IRISDate : 01/06/2010 Auteur : François d’Anglin
Connaissez-vous le Turkménistan et ses dirigeants ? Si vous vous aventurez à poser cette question à votre entourage, le plus souvent vous serez confrontés à la moue de votre interlocuteur. Hésitation sur le lieu, l'héritage culturel ou encore la richesse d'un territoire pourtant aussi étendu que celui de notre voisin ibérique et 3ème réserve mondiale de gaz.
L’OSCE et la présidence kazakhe en 2010, par Wanda DRESSLER, chercheure CNRS au LadyssDate : 01/04/2010 Auteur : Wanda Dressler
Ce pays, presque inconnu du grand public assure cette année la présidence de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Organisme reconnu au titre de l’accord régional de la Charte des Nations Unies, il propose aux pays du continent européen et à ceux issus de l’ex-URSS, depuis 1994, suite à l’Acte Final d’Helsinki, un espace de dialogue et de prise de décision dans la prévention des conflits, la gestion des crises et le relèvement post-conflit (dimension humaine, politico-militaire, économique et environnementale de la sécurité régionale). On peut s’étonner que cette responsabilité ait été donnée à cette jeune nation musulmane qui vient de gagner son indépendance (1991). Un bref retour historique nous fera comprendre son étonnante trajectoire.
Pourquoi les Japonais n’ont-ils pas colonisé plus tôt le Hokkaidô ? par Christophe Sabouret, traducteurDate : 01/03/2010 Auteur : Christophe Sabouret Pourquoi les habitants de Honshû, l’île principale du Japon, ont colonisé le Hokkaidô (île septentrionale de l’archipel japonais) après le milieu du XIXe siècle ? C’est « parce que les Japonais n’avaient guère plus de penchant pour l’émigration vers Hokkaidô que vers le reste du monde », répond Augustin Berque (Vivre l’espace au Japon, 1982). Pourquoi les Japonais n’avaient-ils pas ce « penchant » ? Huizhou, au pays des marchands lettrés, par Anne Garrigue, écrivain-journalisteDate : 01/02/2010 Auteur : Anne Garrigue
L’ancienne province du Huizhou 徽州, enclave montagneuse du sud de l’Anhui, toute proche des Montagnes jaunes (Huangshan), est composée de six districts - Xiuning, Qimen, Shexian, Yixian, Jixi et Wuyuan – et d’une ville Tunxi. Elle est arrosée par la rivière Xin’an, une artère fluviale très tôt navigable qui permit aux habitants du Huizhou de s’enrichir dans le commerce et de développer une culture raffinée en pleine campagne. Bâtisseurs, mécènes, les marchands lettrés néo-confucéens du Huizhou - Huishang 徽商-, encouragèrent l’éducation et l’artisanat d’art. Aujourd’hui, sur un territoire resserré, aux allures d’estampe, des dizaines de villages, encore bien conservés malgré les destructions de la révolution culturelle et de la modernisation, témoignent de ce passé brillant.
Les enjeux de la construction du pont « Suramadu » pour la ville indonésienne de Surabaya, par Manuelle Franck, professeur à l'InalcoDate : 01/01/2010 Auteur : Manuelle Franck
L’inauguration par le Président indonésien en juin 2009 du pont Suramadu, reliant la ville de Surabaya, capitale de la province de Java-est, ville portuaire, industrielle et 2è ville indonésienne de 2,5 millions d’habitants, à Madura, île pauvre et très peuplée, est un événement. La facture moderne de ce pont à hauban de 5,4 km de long, les aménagements routiers prévus pour y accéder, les possibilités de développement urbain auxquelles il ouvre la voie à Madura, sont autant d’atouts pour la ville de Surabaya dans la compétition nationale et internationale que se livrent les villes secondaires pour l’attraction des investissements.
La médecine chinoise, une médecine traditionnelle à l’épreuve de la modernité, par Éric MARIÉ (Faculté de médecine de Montpellier)Date : 01/12/2009 Auteur : Eric MARIÉ
Le système médical qui s’est développé en Chine pendant une période de plus de deux mille ans présente un caractère d’exception historique et anthropologique. D’une part, sa construction s’est opérée, dans la longue durée, avec une remarquable continuité épistémologique. D’autre part, la Chine est le seul pays dans l’histoire des civilisations qui a conservé, ou plus précisément réimplanté, son système médical traditionnel, en tant que médecine d’État, dans les années 1950, avec un statut officiel comparable à celui de la biomédecine.
Mongolie : un paysage religieux en mouvement, par Marie-Dominique Even, chercheure CNRS (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités)Date : 01/11/2009 Auteur : Marie-Dominique Even
Les Mongols, de tradition chamaniste, ont connu tôt, par le biais des contacts avec leurs voisins nomades et sédentaires, diverses religions : bouddhisme, Christianisme nestorien, Islam, Taoïsme, sans parler des influences du zoroastrisme et du manichéisme présentes dans d’anciens royaumes des steppes.
Japon : alternance au pouvoir, l'épreuve après la victoire, par Karyn Poupée, journaliste, correspondante permanente de l'Agence France-Presse (AFP) à TokyoDate : 01/10/2009 Auteur : Karyn Poupée
Le 30 août, le Minshuto (Parti démocrate du Japon, PDJ, classé au centre) a remporté 308 sièges sur les 480 que compte la chambre basse du parlement nippon, s'imposant comme la première formation du pays, très loin devant le conservateur Jiyuminshuto (Jiminto, Parti libéral-démocrate, PLD) qui ne sauva que 119 fauteuils sur les 300 qu'il possédait auparavant. C'est une victoire historique, incontestablement, mais son assise durable reste à confirmer.
L'approvisionnement en eau des villes chinoises et le rôle des étrangers, par Delphine Spicq, Maître de conférences au Collège de FranceDate : 01/09/2009 Auteur : Delphine Spicq L’environnement fait souvent l’actualité en Chine ces derniers temps, et particulièrement les problèmes liés au manque ou à la pollution de l’eau. L’eau est en effet un sujet de premier ordre dans l’empire du Milieu du fait des besoins croissants pour le développement économique mais aussi parce que la situation hydrographique du pays est paradoxale. Les données globales sont plutôt favorables, cependant les précipitations se répartissent de façon très inégale sur le territoire. Rapportées au nombre d’habitants, ces ressources sont faibles et placent la Chine à la limite du stress hydrique (1 700 m3/an/hab.) puisque certaines années elles descendent jusqu’à 1 800 m3/an/hab.
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