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La crise nucléaire en Corée du Nord

Auteur : Bertrand Chung, Directeur d’Etudes, Fondateur du Centre de Recherches sur La Corée à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en 1989
Date de l'article : 14-04-2003
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La crise nucléaire en Corée du Nord

Le 5 octobre 2002, les Etats-Unis ont annoncé que la Corée du Nord avait relancé son programme nucléaire. Quelques jours plus tard, lors de la visite de James Kelly, secrétaire d’Etat, assistant chargé de l’Asie Pacifique, en Corée du Nord, celle-ci a admis l’existence d’un programme nucléaire. Quelques mois après le 10 janvier, la Corée du Nord a décidé de se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire en ouvrant ainsi une crise nucléaire majeure depuis qu’elle a signé un accord-cadre en octobre 1994 à Genève Avec les Etats-Unis.

La Corée du Nord réitère dès le début que cette crise ne peut trouver une solution que par une négociation directe entre les Etats-Unis et elle et que rien n’est plus important pour elle que la signature d’un traité de non-agression avec les Etats-Unis garantissant la sécurité de son régime. Mais ces derniers refusent obstinément toute négociation avec la Corée du Nord en préférant que le dossier nord-coréen soit traité par le conseil de sécurité de l’ONU.

Néanmoins, jusqu’à une date récente, les Etats-Unis affirmaient qu’à la différence de l’Irak, le cas de la Corée du Nord serait traité par la voie pacifique. Les analystes expliquent cette différence d’attitude de la façon suivante : la Corée du Nord n’a pas pour but l’expansionnisme. Son problème est uniquement celui de sa survie ; la Corée du Nord n’a pas de pétrole ; les pays de la région directement concernés, la Chine, le Japon, la Russie et la Corée du Sud sont tous hostiles aux bombardements américains.
Or, depuis le début du mois de mars, l’attitude du président Bush semble évoluer : tout en réitérant qu’il privilégie l’approche diplomatique, il ne cache pas qu’il envisage l’approche militaire aussi, comme en témoigne le déploiement des bombardiers B52 et B51, sans parler du mouvement de porte-avions. Certains spécialistes pensent même que le président veut en finir avec la Corée du Nord qu’il a désigné comme un « axe du mal », d’autant plus que celle-ci prête dangereusement le flan en testant des missiles.
Cette crise inquiète naturellement la Corée du Sud, à tel point que le nouveau président, Roh Mu Hyon qui est pourtant favorable à la poursuite de la politique de réconciliation avec la Corée du Nord condamne catégoriquement l’ambition nucléaire de la Corée du Nord. Pour lui, le moindre soupçon qui pèse sur la Corée du Nord pour se dote d’armes nucléaires constitue une menace pour la paix dans la péninsule coréenne, en Asie du Nord-Est et dans le monde, et par conséquent elle doit renoncer à tout projet de développement nucléaire. Le peuple tout entier soutient cette mise en garde car il a la conviction que la possession d’armes nucléaires ne peut conduire finalement qu’à la perte de la nation coréenne.
Toutefois, le peuple coréen regrette que le président Bush ait refusé la recommandation du président Clinton de poursuivre les négociations avec la Corée du Nord et qu’il ait cassé l’élan de la politique de réconciliation entre les deux Corée, car d’après le témoignage de Mme Madeleine Allbright, secrétaire d’Etat qui s’est rendue à Pyongyang en octobre 1999, le dossier était près d’aboutir.

Bertrand Chung, Directeur d’Etudes, Fondateur du Centre de Recherches sur La Corée à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en 1989








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