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Se vêtir en Inde : variétés, utilisations et gestuelle du sari


Auteur : Sanséau Sylvie, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Aire géographique culturelle : Inde
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Photographies effectuées de 1996 à 2002 en Inde. Uttar Pradesh. Delhi. Chhattisgarh.

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Quelques variétés de drapés du nord de l’Inde
1) Drapés de laine : sari et châle. Kalpa (Uttar Pradesh)
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2) Drapés synthétiques (demi-sari) sur jupe et corsage : femmes du Rajasthan en pèlerinage à Rishikesh (Uttar Pradesh)
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3) Saris de soie : l’extrémité ('palla') est portée dans le dos ('ulta'). Jeunes filles originaires du Bengale, brahmanes. Durga 'puja'. Delhi
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4) Saris de coton : femmes 'adivasi '(recensés comme 'scheduled tribes'). Chanderi (Madhya Pradesh)
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5) Echarpe ('dupatta') voilant le visage ('parda'). Femme musulmane en tunique ('kamiz') et pantalon ('salvar'). Environs de Govardhan (Uttar Pradesh)
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II Mariage et utilisations du sari
1) Engagement de la famille du futur époux et de la future épouse: 'sagaî' (Jesval, Chhattisgarh)

La future épouse reçoit dans son sari, maintenu par sa tante paternelle, une noix de coco, déposée par l’oncle paternel du futur époux.

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2) Nouage des vêtements des époux. Rituel des sept pas ('saptapadi'). (Thakur, Chhattisgarh).

Les époux effectuent sept fois le tour du feu. L’extrémité du sari de la jeune femme est remplie (noix de coco, riz, fleurs, curcuma…). Le coin droit de cette extrémité est noué à un tissu jaune, lui-même relié à l’écharpe de l’époux.

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3) Rituel de purification et de protection. (Gond, Chhattisgarh).

La jeune fille accroupie, en position de fœtus, est enduite d’un mélange purificateur d’épice (le curcuma) et d’huile (de sésame ou de moutarde). Les femmes de la famille et de la caste déposent l’extrémité de leur sari sur ses cheveux, évoquant ainsi le ventre protecteur maternel. C’est, précisément, le coin droit du sari, noué au vêtement de l’époux lors du rituel des sept pas (cf photo précédente), qui est utilisé.

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4) Pleurs de femmes.(Gond, Chhattisgarh)

Le mariage est source de joie et de tristesse. La mère et la grand-mère, cachées dans leur sari, pleurent le départ de la future épouse qui quitte le domicile parental pour le domicile conjugal.

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5) Ré-utilisation du sari de mariage. (Thakur, Delhi)

Lors du mariage d’un membre de la famille, les femmes revêtent le drapé de leur propre mariage : un sari de soie Bénarès qui tient son nom de la ville où il est fabriqué.
Remarque : la femme à gauche porte une imitation synthétique du sari Bénarès.

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III) Gestuelle du sari selon les groupes sociaux et les activités. Chhattisgarh.
1) Femme allaitant. Jeune femme Dash.

L’extrémité du sari ('anchal' en hindi, 'anchara' en chhattisgarhi) permet d’allaiter avec pudeur. 'Anchal dena' signifie littéralement en hindi « donner l’anchal » et s’applique aussi à « allaiter ». Cet usage est commun à tous les groupes sociaux.

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2) Inversement du sari après le bain. Brahmanes. Funérailles.

La manière d’inverser le sari après le bain est commune à toutes les castes et les groupes sociaux quand les femmes se baignent dans un étang. Le sari sèche ainsi sur le chemin du retour. Il est remis en place lorsque la femme arrive à la maison.

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3) Cueillette des plans de riz

Le sari est relevé ('kanch' en hindi, 'kachora' en Chhattisgarhi) afin de faciliter la mobilité. La hauteur du sari varie au-dessus et au-dessous du genou si la femme est Kanvar ('adivasi'), Dash ('shudra') et en fonction de la génération.

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4) Poche ('oli' en hindi et en chhattisgarhi) effectuée avec l’ 'anchal' rentrée à la ceinture. Femme Dash.

Le sari est utilisé ainsi par les 'adivasi' et les basses castes.

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5) Poche ('oli') effectuée pour recevoir des offrandes.

Cinq « femmes mariées dont le mari est vivant » ('suhagin' se sont réunies pour effectuer une fête en l’honneur de la déesse Lakshmi, afin de porter chance et prospérité à leur époux et leurs enfants. A cette occasion, elles s’offrent et reçoivent entre elles des offrandes (bijoux et graines essentiellement) qu’elles déposent dans leur sari. Elles disent qu’elles « font 'oli' » ('oli karte hê'– hindi)
Ce rite n’est pas pratiqué par les 'adivasi'.

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6) Geste sur la partie gauche du sari : 'jhol' (hindi), 'jholan' (chhattisgarhi).

Femme lavant le linge ('dhobin')

Ce geste est exclusif aux basses castes et aux 'adivasi'. Dans la rue, comme sur la photo, il ne correspond à aucune utilité particulière. Ramenée sur le devant, maintenue par le bras, la 'jhol' permet aux femmes de se recouvrir (cf photo II- 3).

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7) Pique-nique et jeux dans les jardins. Maintien du plissé de devant.

Arti est d’origine urbaine, appartenant à la classe moyenne d’une petite ville, de basse caste reconvertie dans les affaires. N’habitant pas dans le village de sa belle-famille, elle se permet un comportement qu’elle qualifie de « moderne », comme courir en sari avec ses enfants après un pique-nique. Elle maintient le plissé de devant avec une main et le relève légèrement.

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