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Conserver / Restaurer / Reconstruire / Restituer : Les archipels de la pensée mythique au Japon et en Europe


Auteur : Jean-Sébastien Cluzel, docteur et architecte DPLG
Aire géographique culturelle : Japon

Nishina Shinmeigû, honden et haiden, le 17/09/2002, préfecture de Nagano, ville de Oomachi ; [ref.179a11b7c], © J.S.C.

Dans ce sanctuaire shintô on pratiquait le shikinen-zôtai. La dernière reconstruction eut lieu en 1636.


Izumo-taisha, le 08/2002, préfecture de Shimane, ville d’Izumo, [ref.panorama], © J.S.C.

L’existence de ce sanctuaire shintô est attestée depuis le VIIe siècle. On y pratiquait shikinen-zôtai. Les édifices actuels datent de 1874, ils ont été reconstruits sur le modèle de ceux des précédents, datés de 1744.

Ise-jingû-naikû (sanctuaire intérieur d’Ise), pavillon grenier (mishinenomikura), le 02/11/2002, préfecture de Mie, ville d’Ise, [ref.084a57b44c], © J.S.C.

Le sanctuaire d’Ise, qu’on appelle aussi le Ô-Ise-san, Ise-jingû, Dai-jingû, ou encore simplement Jingû, est composé de deux sanctuaires majeurs : le sanctuaire intérieur, le Kôtai-jingû, et le sanctuaire extérieur, le Toyouke-dai-jingû, distant l’un de l’autre d’environ sept kilomètres et demi. Deux divinités majeures – la divinité ancestrale de la Maison impériale, Amateratsu-Ômikami, et la divinité de la nourriture, Toyouke-Ômikami – y sont respectivement vénérées. Les deux domaines sacrés où sont érigés les deux palais divins abritent aussi quatorze sanctuaires auxiliaires majeurs, bekkû, et cent neuf sanctuaires mineurs dans lesquels sont compris les sessha, massha et shokansha. Ces deux domaines sacrés sont des lieux déclarés tabous, isolés par l’eau, les montagnes et cachés au milieu d’une forêt dense d’immenses cyprès du Japon. Dans tout le pays, de nombreux sanctuaires shintô sont subordonnés au Jingû.
Les pavillons d’Ise-jingû ont été reconstruits en 1993, mais leur forme aurait été conservée à travers les multiples reconstructions depuis au moins le VIIe siècle.

Kamosu-jinja, honden et haiden, le08/2002, préfecture de Shimane, ville de Matsue ; [ref.109a11b2c], © J.S.C.

Dans ce sanctuaire shintô on pratiquait le shikinen-zôtai. Les édifices actuels furent reconstruits en 1583.

Sumiyoshi-taisha, honden, le 26/11/2002, ville d’Osaka, [ref.222a23b2c], © J.S.C.

Le Sumiyoshi-taisha est un sanctuaire shintô situé à Osaka, ancienne ville de Naniwa. Ce sanctuaire suivait le rite du shikinen-zôtai. Le honden (pavillon majeur) actuel date de 1410. Aussi, les pavillons de ce sanctuaire attesteraient d’une forme plus ancienne, d’une forme modèle : celle du Daijô-kyû. Véritable palais céleste, ce dernier est supposément, depuis le VIe siècle, reconstruit à l’identique à l’occasion de la consécration de chaque nouvel empereur. Mais, sitôt la cérémonie terminée, le palais céleste est détruit.

Nanzen-ji, hôjô, le 03/12/2004, ville de Kyôto, [ref.171a11b7c], © J.S.C.

Le pavillon du Nanzen-ji appelé daihôjô est un ancien seiryôden du palais impérial. Construit en 1590, il fut transféré au Nanzen-ji lors de la reconstruction du palais en 1611.

Heian-jingû, taigokuden, le 30/09/2005, ville de Kyôto, [ref.054bisa12b4c], © J.S.C.

Le Heian-jingû, sanctuaire shintô, fut construit en1895, date anniversaire du onzième centenaire de la fondation de Heian-kyô (actuelle Kyôto). Les pavillons furent d’abord le symbole de la « Quatrième Exposition de l’Industrie Intérieure » avant de devenir ceux du sanctuaire actuel. Ces édifices sont une reconstitution des pavillons du palais impérial de Kyôto tel qu’il était au VIIIe siècle. L’exactitude de cette restitution (échelle 5/8ème) fut assurée par deux architectes d’importance, Itô Chûta et Kigo Kiyotaka. Pour exécuter ce projet, ils se sont appuyés sur l’ouvrage d’Uramatsu Kôzei, intitulé Daidairizu Kôshô (écrit entre 1758-1788), ouvrage qui avait déjà servi de base pour restituer le palais impérial en 1790.

Yakushi-ji, tôtô, le 16/12/2002, Nara, Nara, [ref.249a14b5c], © J.S.C.

Dans l’enceinte du Yakushi-ji, temple bouddhique situé à Nara, ancienne capitale impériale du nom de Heijô-kyô, la pagode Est, achevée en 730, est le seul bâtiment authentique. Datée du VIIIe siècle, elle fut (re)construite à l’occasion du transfert de la capitale impériale – dans ce cas de Fujiwara-kyô à Heijô-kyô – et par là même du Yakushi-ji. A cette époque, ce temple comportait deux pagodes identiques. Celle de l’Ouest fut détruite dans un incendie en l’an 1528. Elle fut reconstruite à l’identique de la précédente, sa sœur jumelle, et achevée en 1981.

Yakushi-ji, sanjûnotô (pagode à trois étages avec trois mokoshi, 1981), le 16/12/2002, Nara, Nara, [ref.249a24b10c], © J.S.C.
Hôryû-ji, hondô, le 27/11/2002, préfecture de Nara, ville d’Ikagura, [ref.073a715b7c], © J.S.C.

Le Hôryû-ji, monastère bouddhique situé dans la ville d’Ikaruga, au Sud de Nara, possède les constructions bouddhiques les plus anciennes du Japon. Le hondô (pavillon majeur) et la pagode de ce monastère datent de la fin du VIIe siècle – début VIIIe siècle.

Jôdo-ji, jôdodô ou amidadô, façade arrière, le 26/10/2002, préfecture de Hyôgo, ville d’Ono, [ref.095a22b7c], © J.S.C.

Ce pavillon est une des rares constructions édifiées par les soins du moine Chôgen à qui l’on doit l’ordre architectural dit daibutsu (ordre du grand bouddha). Ce pavillon date de 1192.

Fuki-ji, pavillon Ôdô, prefecture d’Ôita, Bungo-Takada, le 08/2002, [ref.043a12b12c], © J.S.C.

Ce temple également appelé Fuki-dera fut fondé en 718. Le Ôdô date du XIIe siècle.

Kitano Tenmangû, honden ishinoma haiden gakunoma, le 08/2002, ville de Kyôto, [ref.124a12b44c], © J.S.C.

Les bâtiments du sanctuaire shintô du Kitano-Tenmangû, situé au Nord Ouest de Kyôto, sont des constructions datées du XVIIe siècle.

Nikkô-Tôshôgû, honden, ishinoma, haiden, le 19/09/2002, Tochigi, Nikkô, [ref.175a36b6c], © J.S.C.

Le Nikkô-Tôshôgû est un sanctuaire shintô dédié à Tokugawa Ieyasu (1542-1616). Les travaux ont commencé en 1617 pour s’achever l’année suivante, puis une réfection de grande ampleur fut entreprise par Tokugawa Iemitsu (1604-1651) de 1634 à 1636.

Nikkô-Tôshôgû, Yômeimon, le 19/09/2002, Tochigi, Nikkô, [175a46b4c], © J.S.C.
Ise-jingû-naikû, sanctuaire auxiliaire Aramatsurinomiya, le 02/11/2002, préfecture de Mie, ville d’Ise, [ref.084a67b12c], © J.S.C.

Voir la légende de la photographie n°1. Reconstruction de 1993.

Rokuon-ji (Kinkaku-ji), Kinkaku (pavillon doré), le 13/09/2002, ville de Kyôto, [ref.122a12b5c], © J.S.C.

Le Kinkaku fut construit en 1398 pour les besoins de Yoshimitsu (1358-1408), troisième shôgun des Ashikaga. Ce pavillon est d’une architecture palatine, c’est-à-dire un bâtiment résidentiel d’un homme du pouvoir, mais il est aussi une chapelle, un lieu de retraite et de méditation. En 1950, ce pavillon fut détruit par un incendie. Il fut reconstruit à l’identique dès 1955.

Jishô-ji (Ginkaku-ji), Ginkaku (pavillon argenté), le 14/12/2004, ville de Kyôto, [ref.093a33b11c], © J.S.C.

Ce pavillon fut construit par Ashikaga Yoshimasa (1436-1490) en 1483. C’est au cours de la première moitié de l’époque d’Edo que le pavillon du bouddha Kannon pris le nom populaire de Ginkaku. Au moins depuis cette époque, une légende dit que Yoshimasa, petit-fils de Yoshimitsu, s’est inspiré du pavillon de son grand-père (le pavillon doré) pour construire le sien. Son désir aurait été de recouvrir ce lieu de retraite de feuilles d’argent, ce qui n’advint jamais. Aucune preuve n’atteste de la véracité de cette légende, au contraire : le Ginkaku aurait été bâti sur un tout autre modèle, le shariden (pavillon des reliques) du Saihô-ji, pavillon aujourd’hui disparu.

Pour en savoir plus, lire l'éditorial Jean-Sébastien Cluzel, docteur et architecte DPLG





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