Ces photographies du Laos sont réalisées par Fabrice Mignot et sont toutes issues des travaux de thèse effectués en 1999-2000 dans des villages du Laos. La thèse était intitulée : 'Santé et intégration nationale au Laos', publiée en 2003 chez L'Harmattan, avec le sous-titre 'rencontre entre montagnards et gens des plaines'
Fabrice Mignot est docteur en géographie de l'Université Paris IV - Paris La Sorbonne et est actuellement chercheur au Centre d'information géopolitique de la Commission des recours des réfugiés (Ministère des Affaires étrangères)
Chamane hmong exécutant une danse d'appel aux esprits
Le chamane hmong est en visite dans un village khamou pour la première fois depuis les combats interethniques des années 1975-1978 dans les villages des montagnes de la province de Louang Phrabang. Le village de ce Hmong était majoritairement communiste, mais des miliciens communistes khamou l'ont attaqué pour s'emparer des terres. Avril 2000.
Brodeuse hmong du village de Khoua Thi Nung
Ces broderies, vendues aux touristes sur le marché hmong de Louang Phrabang, constituent la principale ressource de ces Hmong déplacés de force dans la vallée du Mékong par la politique d'interdiction de l'essartage dans les montagnes. Avril 2000.
Consultation à un domicile privé de Vientiane d'un devin-chamane austroasiatique (mo dou mo phi) réputé, venu de la province de Champassak
La tenture fait partie de ses accessoires et présente des scènes de la vie laotienne ancienne, lui permettant de déchiffrer le passé et l'avenir des patients. Il réalise de nombreux rites, dont celui de communication avec les esprits, assis de dos devant le patient attaché par des fils de coton blancs, rouges et noirs à un damier symbolisant l'univers. Ces activités ne sont pas soumises au bouddhisme. A la différence des médiums (mo thiem), ces rites ne sont jamais publics. Mars 2000.
Coffrage d'un puits par des villageois dans le district de Thakhek
Des villageois thaï lao et phou thaï mettent en place le coffrage d'un puits lors d'une opération publique réalisée dans plusieurs districts de la plaine alluviale du Mékong. Juin 1998.
Enfants khamou dans le village de Lak Sip dans les hauteurs au sud de Louang Phrabang
Ces enfants khamou marchent pieds nus près des déjections animales, ce qui multiplie les risques de contracter des helminthiases. Mars 2000.
Cuisine sur pilotis dans une maison traditionnelle de la ville de Xaïgnabouli (Sayabouly).
Les eaux sont évacuées par les interstices des planches et forment des mares stagnantes aux abords des maisons, propices à la prolifération des moustiques. Mars 2000.Cliché de Kèo Khantisaly.
Femme khamou au retour des essarts de riz dans les hauteurs de la vallée de la Nam Xang dans le district de Vang Vieng, portant sac de riz et bébé
Des familles khamou ont été réinstallées dans un village thaï lao de la vallée, où elles ont formé un quartier séparé. N'ayant pas de terres disponibles, elles continuent de se déplacer dans les montagnes impaludées pour séjourner dans les anciens essarts et récolter des produits de la forêt. Janvier 2000.
Essarts de bananiers dans les hauteurs du district de Vang Vieng aux abords de la route nationale 13
La pratique de l'essartage de montagne est pourtant interdite et justifie les déplacements forcés de montagnards. En arrière-plan, la forêt primaire est menacée. Décembre 1999.
Femme thaï lao portant une représentation du Mont Mérou lors du nouvel an bouddhiste (date déterminée par le calendrier birman, transmis au Laos) en avril 2000
Lors de cette cérémonie à Louang Phrabang, les bouddhistes portent des vestes claires, les animistes (Taï et Khamou ou Kassak) et les chamanistes (Hmong et Yao) des vestes noires.
Femmes khamou au retour des essarts de riz dans les hauteurs de la vallée de la Nam Xang dans le district de Vang Vieng
Des familles khamou ont été réinstallées dans un village thaï lao de la vallée, où elles ont formé un quartier séparé. N'ayant pas de terres disponibles autour du village, elles continuent de se déplacer dans les montagnes impaludées pour séjourner dans les anciens essarts et récolter des produits de la forêt. Janvier 2000
Défilé en costumes traditionnels. Nouvel an bouddhiste à Louang Phrabang
Ces femmes en costumes traditionnels, issues des trois principales familles ethno-linguistiques du Laos, font le défilé du nouvel an bouddhiste à Louang Phrabang, symbolisant l'unité nationale dans l'iconographie communiste. Avril 2000.
Marché du village de Phonxaï dans le district de Paksane
La majorité des visiteurs sont des Taï Mueï chrétiens, qui ont créé des villages dans cette zone depuis la fin du XIXe siècle. Le marché est sous la protection de miliciens en armes et de militaires en raison des échauffourées avec des rebelles hmong dans la région. Février 2000.
Fabrication d'objets de vannerie par des familles khamou dans le site de Lak Sip
Ces familles khamou sont réinstallées dans le site de Lak Sip « km 10 » au sud de Louang Phrabang à cause de la deuxième guerre d'Indochine, et plus récemment par des déplacements forcés de villages environnants pour empêcher théoriquement les cultures sur brûlis. Les objets de vannerie sont vendus dans les marchés de Louang Phrabang. Mars 2000.
Fabrication d'objets de vannerie par des familles khamou, réinstallées dans le site de Lak Sip « km 10 » au sud de Louang Phrabang
cf commentaires de la photographie précédente
Préparation de mets par des femmes khamou du village de Lak Sip « km 10 ».
Ces mets sont vendus sur le marché des plats préparés de Louang Phrabang. Mars 2000.
Villageois hmong descendu en ville à l'occasion de la fête du nouvel an bouddhiste. Louang Phrabang
Les montagnards hmong de la province de Louang Phrabang continuent de porter souvent leurs costumes traditionnels. Ils ont peu à peu occupé les espaces publics du centre-ville depuis 1998, pour approcher les touristes étrangers et laotiens, auxquels ils vendent des broderies. Avril 2000.
Femme de Khoua Thi Song « pont n° 2 », un hameau de Hmong déplacés de force près de Louang Phrabang à cause de l'interdiction de l'essartage de montagne
Le hameau n'ayant pas d'eau, ces Hmong font leurs ablutions dans un ruisseau en aval de villages khamou, qui y déversent leurs déchets et déjections. Avril 2000.