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[Film documentaire] Les oubliés du Laos.


Auteur : Christophe Guyonnaud et Thierry Mauvinier
Aire géographique culturelle : Laos
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Film documentaire
LES OUBLIES DU LAOS

Un film de Christophe Guyonnaud et Thierry Mauvinier
2008, 50 mn
Prix TTC : 18,50 €
Trélys Productions
www.trelys.fr/crbst_16.html

Il s'agit d'un document exceptionnel qui est constitué principalement d'archives inédites, notamment des extraits de film amateur tourné par des officiers français des services spéciaux (restés jusqu'ici confidentiels) sur les maquis et maquisards hmong, thaï, niang, nung, man, akha... qui combattaient avec eux à partir de 1945, d'abord contre les Japonais puis contre les troupes viêt-minh, dans le cadre du GCMA (Groupement de commandos mixtes aéroportés) au Laos et au Vietnam. Le film est ponctué d'interviews de quelques officiers français dont le fameux Jean Sassi, d'explications données par un historien spécialiste du sujet, Michel David, et des principaux responsables parmi ces groupes ethniques qui, abandonnés par la France après les accords de Genève, en 1954, ont vécu une longue tragédie. Cette partie non glorieuse de l'histoire de la France en Indochine comme de la libération nationale vietnamienne, a été presque totalement occultée par les spécialistes. Ce film très dérangeant, au ton digne, retenu, réalisé par deux enquêteurs nés bien après les faits, au regard critique, représente la première tentative de réparer un oubli odieux, en osant simplement rappeler des faits authentiques.

Utube : www.youtube.com/watch?v=UdGnJ3Vn8

Daily motion : www.dailymotion.com/relevance/search/oubliés+du+laos/video/x3pc0t_hmong-les-oublies-du-laos_news

Extrait de presse

31/07/2008 - La Nouvelle République

Le Tervais Christophe Guyonnaud vient de signer “ Les oubliés du Laos ou les maquis d'Indochine ”, un documentaire consacré à l'histoire des combattants du Haut Tonkin engagés aux côtés de l'armée française durant la guerre d'Indochine.

Nous étions avec les Français, comme le bâton qui soutient le bananier. L'un a besoin de l'autre. Devant l'objectif de la caméra, Bac Cam Suc, égrène ses souvenirs d'une guerre qui n'était pas celle de son peuple, mais qui pourtant, aujourd'hui encore, pèse sur le destin des descendants de ces combattants du Haut Tonkin. Une histoire méconnue, que le Tervais Christophe Guyonnaud a souhaité mettre en images, pour la sortir de l'ombre.
« Avec mon épouse Cécile, nous sommes passionnés d'Histoire, et notamment de celle de l'Asie, où j'ai passé ma petite enfance, reprend Christophe. Nous y sommes retournés ensemble en 2005, parcourant le nord Vietnam à moto, jusque dans les zones interdites.

Un documentaire poignant, qui part de cet épisode oublié de la guerre d'Indochine. Dans les territoires du Haut Tonkin, à partir de 1945, des officiers français constituent des maquis, avec l'aide de populations montagnardes et de leurs chefs afin de repousser les assauts de l'envahisseur japonais. A partir de 1950, ces minorités, les Méos, les Thaïs, les Mans ou encore les Nungs, « préfèrent prendre parti pour la France contre le Vietminh, dont ils refusent l'idéologie, et qui a toujours considéré ces ethnies montagnardes comme des sous-hommes ».

Les maquis se multiplient, et peut-être de 10.000 à 15.000 hommes prennent les armes pour défendre la région. En mai 1954, « plus de 2.000 de ces combattants se sont portés volontaires, et ont parcouru plus de 1.000 km à pied dans les montagnes, pieds nus, pour sauver la place forte de Dien Bien Phu ». Une fidélité à toute épreuve dans le combat, malheureusement bien mal récompensée.

“ En 1954, seuls les plus compromis ont pu être évacués ”

Car quand, après la signature des accords de Genève, la France débute l'évacuation de la région, elle laisse derrière elle toute cette population livrée à elle-même, face aux Vietminh qui ne pardonnera jamais à ces ethnies leur engagement aux côtés de la France, puis quelques années plus tard aux côtés des États-Unis. « En 1954, seuls les plus compromis, les chefs d'ethnies locales, dont Bac Cam Suc, que j'ai rencontré pour le film et qui vit aujourd'hui en France, ont pu être évacués. »

Les autres, des dizaines de milliers d'hommes, femmes et enfants, restent sur place. « Ils ont alors été exterminés par dizaines de milliers. Et aujourd'hui encore, quelques vétérans, leurs enfants et leurs petits-enfants, les Hmongs, vivent comme des animaux dans la jungle, se battent simplement pour défendre leurs familles, parfois encore avec les armes que les Français leur ont laissées. »

Caroline JAOUEN






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