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Dialogues politiques entre trois ivrognes


(Date d'édition : 09-2008)
Auteur(s) : Nakae Chômin
Aire géographique culturelle : Japon
Editeur : CNRS Editions
Site : Site de l'éditeur
Collection : Réseau Asie
Nombre de pages : 173
Prix : 25 €
ISBN : 978-2-271-06738-8

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Lorsque Nakae Chômin (1847-1901) publie son ouvrage le plus connu, Dialogues politiques entre trois ivrognes (Sansuijin keirin mondô), en mai 1887, le Japon est à un tournant politique de son histoire. Le chef du gouvernement, Itô Hirobumi (1841-1909), aidé de ses collaborateurs, avait entrepris l’élaboration d’une constitution à huis clos en rejetant tous les projets que l’opposition avait élaborés dans le cadre du Mouvement pour les libertés et droits populaires (Jiyû minken undô). Inspirée du modèle prussien, la Constitution du Grand empire du Japon, rédigée sous le contrôle jaloux du gouvernement, devait être « octroyée » par l’Empereur à ses sujets le 11 février 1889.

Le texte de Nakae Chômin est un témoin exceptionnel des débats qui ont animé le mouvement pour la convocation d’une Assemblée nationale. Il nous éclaire non seulement sur ses enjeux en nous brossant un état des lieux de la réflexion politique de son époque, mais son texte est resté un œuvre maîtresse par rapport aux enjeux politiques de tout le vingtième siècle au Japon, et la défense d’un pacifisme radical d’un des personnages de l’œuvre est restée très célèbre.

Son idée centrale, la défense de la démocratie, non seulement comme institution, mais comme mode d’existence du peuple, n’en sort que renforcée : c’est juste après la parution de cet ouvrage qu’il adopta son nom de plume Chômin qui signifie littéralement un million de gens pour désigner le peuple.

Texte traduit, présenté et annoté par Christine Lévy et Eddy Dufourmont.

Nakae Chômin qui avait séjourné en France entre 1872 et 1874 pour y étudier le droit avait dès son retour au Japon commencé la traduction du Contrat social de Rousseau.

Il fonda une école d’études françaises où les œuvres de Voltaire, Montesquieu, Fénelon, Rousseau étaient au programme. Il rassembla au moins cinq cents étudiants dans son école et joua ainsi un rôle central dans l’introduction des idées des Lumières françaises. C’est donc en tant que représentant du courant dit l’école française de la démocratie qu’il se lance à son tour dans le Mouvement pour les libertés et les droits du peuple dans la décennie 1880.

Député quelques mois à la suite des premières élections de l’histoire japonaise, il quittera la scène politique après maintes déceptions, mais son livre, Encore un an et demi à vivre (Ichinen yûhan) écrit à la fin de sa vie en 1900, rencontra un énorme succès, et se vendit à deux cent mille exemplaires en moins d’un an. Ce succès l’encouragea à rédiger sa dernière œuvre. Sous le titre de Suite à encore un an et demi (Zoku ichinen yûhan), c’est en réalité un testament philosophique dont le sous-titre Un individu sans Dieu ni âme (Ichimei mushin mureikon) indique son matérialisme qu’il a laissé à la postérité.








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