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Comme le sel, je suis le cours de l'eau, Le chamanisme à écriture des Yi du Yunnan (Chine)


Auteur(s) : Aurélie Névot
Aire géographique culturelle : Chine
Editeur : Société d'ethnologie

Chargée de recherche au CNRS, Aurélie Névot est ethnologue, docteur de l’université Paris X-Nanterre.
Ses travaux, menés depuis 1998 en Chine, portent sur l’anthropologie religieuse, les pratiques d’écriture, les processus d’acculturation et d’inculturation, ainsi que sur la patrimonialisation.

À la différence des autres pratiques chamaniques répandues dans le monde, les chamanes yi, appelés bimo ou « maîtres de la psalmodie », opèrent par le moyen de manuscrits. « Comme le sel, je suis le cours de l’eau » est un vers rédigé dans leur écriture secrète. Il fait référence aux voyages qu’ils entreprennent dans le cosmos à l’occasion d’un culte territorial villageois, midje, célébré afin d’ordonnancer l’univers. À l’image du sel qui se dissout dans l’eau et se laisse porter au gré des courants, les chamanes pénètrent dans une strate peuplée d’esprits et d’ancêtres dont le contentement conditionne le bien-être des vivants. La population de cette société « à moitiés » est associée à ce sacrifice lié au pouvoir local, qui exprime la vision politique de l’ethnie.
Que donne à comprendre le caractère communautaire de ce protocole religieux et à quelle cosmogonie renvoie-t-il ? En quoi consiste cette écriture chamanique et comment s’est-elle transmise au cours des siècles ? L’auteur propose de répondre à ces questions en tenant compte des changements sociaux qui affectent la population yi, minorité établie au Yunnan, en Chine: elle s’interroge en particulier sur la dynamique contemporaine mettant en relation la religion et l’écriture avec le pouvoir dominant. Car soucieux de maintenir sa tutelle sur les pouvoirs locaux, l’État chinois s’engage dans un processus d’uniformisation et de laïcisation de l’écriture rituelle qui bouleverse les fondements politico-religieux de l’ethnie. 


Sommaire
Avant-propos
Introduction
Première partie
Liens aux lieux, aux ancêtres et aux esprits
Chapitre premier — Les Nipa « de chair et d’os » : genèse d’une identité
Chapitre II — Un monde en petit : le clan villageois
Chapitre III — L’écriture rituelle des Maîtres de la psalmodie
Chapitre IV — La transmission au sein des lignées chamaniques
Deuxième partie
La « société à moitiés » des Nipa et l’État communiste chinois
Chapitre V — Chamanes et chefs de Lava
Chapitre VI — Fédérer les Yi en nationalisant leurs écritures chamaniques
Chapitre VII — Mizhi, un culte chamanique bon pour gouverner
Troisième partie
La conception ni du monde
Chapitre VIII — L’ordonnancement de la société à l’approche de l’hiver
Chapitre IX — Les hommes pénètrent dans la résidence du yin
Chapitre X — La machinerie rituelle
Chapitre XI — La mise en germe de l’univers
Quatrième partie
Un chemin chaotique jusqu’à l’union des ancêtres villageois
Chapitre XII — Des sonorités carnavalesques
Chapitre XIII — Sur le pilier céleste, arbre de vie : le comput du temps
Chapitre XIV — La hiérogamie des ancêtres primordiaux
Cinquième partie
Chasse et fondation
Chapitre XV — À l’assaut du monde
Chapitre XVI — Autochtonie et confédération politique
Conclusion
Bibliographie








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