Entré à l'Ecole Nationale des Langues orientales en
1945, Léon Vandermeersch y a obtenu les brevets de chinois (1948) et
de vietnamien (1950), tout en poursuivant simultanément à l'Université
des études de Philosophie (licence d'enseignement et DES en 1946-51)
et de droit (doctorat obtenu en 1951). Il obtiendra ultérieurement le
diplôme de l'Ecole pratique des Hautes études, VIe Section, pour un
mémoire sur le Légisme chinois(1962), et le doctorat d'Etat ès lettres,
pour une thèse sur les institutions de la Chine archaïque (1975).
Sa carrière d'enseignant-chercheur a commencé à Saigon,
par un premier poste de professeur au Lycée Petrus Truong Vinh-Ky (1951-54),
auquel s'est ajouté une charge d'enseignement de droit romain à la Faculté
de droit (1952-54). Après un congé en métropole, un second poste le
conduit au Lycée Albert Saraut de Hanoï (1955-56), encore français mais
déjà sous le régime de la République démocratique du Vietnam. De ce
second poste, il est rapidement retiré par la Délégation générale de
France à Hanoï, pour être affecté, vu les nécessités du service, dès
avril 1956, à la conservation du Musée Louis Finot. Ce Musée dépendait
de l'EFEO, où L. Vandermeersch entre donc alors comme chercheur. Suivent
dix ans d'activité à l'Ecole, d'abord en études vietnamiennes à Hanoi,
sous la direction de Maurice Durand, à quoi s'ajoute l'administration
par interim du Centre de Hanoï après le retour à Paris de Maurice Durand
en 1957 - charge qui a comporté notamment, par application des accords
de Genève, le transfert aux autorités vietnamiennes de la bibliothèque
et du Musée de l'Ecole, suivie de la réinstallation du Centre de l'Ecole
dans un nouveau local (ultérieurement abandonné lors de la rupture de
l'Ecole avec les autorités de Hanoï en 1959). Rentré à Paris en 1958,
L. Vandermeersch passe aux études chinoises, sous la direction de Paul
Demiéville. Il est alors affecté successivement à Kyôto, où il travaille
à la Section orientale du Jinbun kagaku kenkyûsho tout en poursuivant
sa formation sinologique à Kyôdai auprès de Shigezawa Toshio (en philosophie
chinoise ancienne), d'Ogawa Tamaki (en littérature classique) et de
Yoshikawa Kôjirô (en explication du Shiji); à Hong-Kong, où il est reçu
comme research fellow au Département de chinois et à l'Ecole de langue
de l'Universié, et travaille la paléographie et la linguistique du chinois
ancien auprès de Jao Tsung-I (à la disposition duquel il sera ultérieurement
placé comme assistant par l'EFEO, en Inde en 1963-64, puis en France
en 1965-66); enfin de nouveau à Kyôto, où cette fois il travaille l'histoire
du droit chinois ancien au séminaire d'Uchida Tomoo, à l'Université
Dôshisha. Passé de l'EFEO à l'université en 1966,
L. Vandermeersch occupe, en études chinoises, des postes
successifs de maître de conférences, puis de professeur, puis de directeur
d'études, à la Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence,où il crée l'enseignement
du chinois (1966-73), à l'Université de Paris VII,où il dirige l'UER
d'Asie orientale (1973-79) et enfin à l'Ecole pratique des Hautes études,
Ve Section, où il enseigne l'histoire du confucianisme (jusqu'à sa retraite
en 1993). C'est en détachement de ce dernier poste qu'il a en outre
assuré la direction de la Maison franco-japonaise de Tôkyô en 1981-84
et la direction de l'EFEO en 1989-93.
L. Vandermeersch a par ailleurs, entre autres fonctions
diverses, appartenu au Comité national du CNRS, de 1976 à 1982 et de
1989 à 1993, et, co-fondateur avec W. Th. DeBary du Comité Américano-Européen
pour la promotion des études extrême-orientales, présidé de 1987 à 1993
la section européenne de ce comité. Participant régulier aux colloques
de sa spécialité se tenant en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis, il
en a lui-même organisé plusieurs à Tôkyô, à Paris et à Hanoï. Ses recherches
ont porté principalement sur l'histoire des institutions et des idées
politiques en Chine, sur l'idéographie chinoise, sur le confucianisme
et sur le développement post-moderne du monde sinisé. Il s'est attaché,
d'une part à y développer ce que révélaient les apports les plus récents
de l'archéologie et de l'épigraphie chinoises - notamment en initiant
en France l'études des inscriptions oraculaires Yin de la fin du IIe
millénaire av. J.-C. - , et d'autre part à y valoriser l'application
à la Chine et au monde sinisé du point de vue de l'histoire des mentalités.
Ces recherches ont fait l'objet de six ouvrages et d'une centaine d'articles.
L. Vandermeersch est chevalier de l'ordre de la Légion
d'Honneur et de l'Ordre des Palmes académiques, décoré de l'étoile d'or
et d'argent de l'Ordre du Trésor sacré du Japon, correspondant de l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres, lauréat du prix Stanislas Julien
et du prix d'Aumale de cette Académie Bibliographie: cf. PEFEO, Etudes
thématiques n°7, EFEO, Paris 1997, p. 9-13.