Le Banian –
Directeur de la publication Johanna Lederer -
Juin 2009 - 8 euros (frais d’envoi 3,02 euros)
Sommaire
Johanna Lederer
Éditorial… ……………………………………………………………… 3
Georges Voisset
Promenade dans les rizières du Temps… ………………………………… 5
Ben White
Partager les fruits de la moisson : récolte du riz et changement
social au sein d’un village javanais.… ………………………………… 25
Dana Rappoport
Chanter le riz en Indonésie orientale : de Flores (Lamaholot)
à Sulawesi (Toraja)… ………………………………………………… 43
Thomas Beaufils
La récolte du riz sur l’île de Nias… …………………………………… 65
Pierre-Yves Manguin
Du sagu au riz : l’alimentation à Sriwijaya et à Melaka………………… 72
Marc-Antonio Barblan
Dans la lumière des terrasses : Paysage culturel balinais,
Subak Museum et patrimoine mondial… ……………………………… 80
Chrisvivany Lasut
Histoire du riz, plante volée du paradis………………………………… 103
Frédéric Durand
Par-delà les rizières de Sulawesi………………………………………… 110
Christine Jordis
Bali revisité… ………………………………………………………… 121
Lucien Jailloux
L’ancêtre… …………………………………………………………… 131
Votre plat préféré ?… ………………………………………………… 137
Du riz dans les pantouns… …………………………………………… 150
Johanna Lederer
L’origine du riz………………………………………………………… 155
Reva Januarty
Rubrique Le français, langue exotique ?……………………………… 159
Quelques proverbes indonésiens… …………………………………… 161
Ajip Rosidi
Un poème pour un hôtel et les inondations de Karawang………… 163
Étienne Naveau
Un poème de Sitor Situmorang………………………………………… 169
Kunang Helmi
Je me souviens de Salim, le peintre… ………………………………… 175
Luna Vidya
Bulir Padi, Bumi Sepi - Epi de riz, terre solitaire… …………………… 180
Marie-Claude Gavard
Le Riz… ……………………………………………………………… 182
Agus R. Sarjono
Rendez-vous…………………………………………………………… 184
Shahnon Ahmad
Le Riz… ……………………………………………………………… 186
N. Syam. H.
Bulembangbu… ……………………………………………………… 193
Johanna Lederer
Éditorial
Ce numéro 7 d’un Banian estival se voudrait savoureux, et doué de la faculté d’ouvrir l’appétit de ses lecteurs pour une culture capable de concevoir à la fois plaisirs de la bouche, techniques éprouvées depuis des siècles pour nourrir tout un peuple*, t génie d’une vigoureuse littérature orale : contes, poèmes, récits vous charmeront assurément. Mais cette même culture peut aussi générer d’immenses souffrances, infligées par les coups du sort de la nature ou directement par l’homme. Ainsi, nous envisagerons, tout au long de ce numéro, les paradoxes de la vie indonésienne.
Si Rabelais cherchait, à travers Gargantua, à nous montrer que l’homme - au contraire de la bête - est fait pour rire, encore faut-il qu’il se nourrisse. La riziculture répandue sur tout le continent asiatique se plaît dans les sociétés structurées, où elle façonne admirablement les notions d’harmonie dans les danses, la musique, les cérémonies liées aux récoltes, la forme même des rizières. Le riz n’est pas juste une nourriture, c’est un élément fondamental de la culture indonésienne, même si aujourd’hui les rizières tendent à laisser leur place et splendeur aux investisseurs immobiliers ou aux terrains de golf..
Les chiffres du Ministère de l’agriculture montrent qu’en une trentaine d’années environ 500 000 hectares de rizières ont fini par céder la place, au chant des sirènes du développement « moderne », ce qui entraîne, aujourd’hui, l’improbable obligation d’importer du riz des pays voisins !
Romantisme des vertes rizières, enfer - non moins vert parfois, mais absolument dénué de poésie - alterneront donc dans ce numéro intitulé « Le riz est le propre de l’homme… ».
Je voudrais conclure en remerciant Thomas Beaufils et Igor Rochette - appelés par d’autres aventures - pour leur collaboration passée ; désintéressée, elle fut constante, toujours très intéressante pour Le Banian. Par ailleurs, je salue la venue de Christine Delangle et de Georges Voisset qui réussiront, n’en doutons pas, la prouesse de combler ce vide.
* En Indonésie il y a deux récoltes de riz par an, une en décembre et janvier, puis une, plus petite, à la fin du printemps. Comme la sécheresse de l’été diminue bien souvent la quantité de riz emmagasiné, le prix du riz monte significativement en automne ; les Indonésiens appellent cette période Kemarau, lapar, ou kemarau dan kelaparan : « saison crève-la-faim ».
Association franco-indonésienne Pasar Malam
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